Pour le relais masculin français, ce sera l’or ou rien !

Pour la première fois, le biathlon tricolore aborde un relais olympique masculin avec trois médaillés individuels distincts déjà en poche.

Quentin Fillon Maillet, Eric Perrot et Emilien Jacquelin mènent la charge mardi à 14h30, dans une course à tout ou rien où la France vise l’or manquant cruellement à son palmarès depuis 2006.

« La gagne ou l’hôpital. » La formule choc d’Emilien Jacquelin, bronze en poursuite et premier podium solo en JO, résume l’état d’esprit des Bleus. Après des décennies de domination individuelle – de Raphaël Poirée à Martin Fourcade, puis Quentin Fillon Maillet –, le collectif masculin reste une énigme olympique. Trois médailles d’argent à Pékin-2022, jamais d’or. Cette quinzaine, la profondeur du groupe change la donne.

Une moisson individuelle inédite

Quentin Fillon Maillet prolonge sa série d’or avec le sprint, Eric Perrot décroche l’argent en individuel, et Jacquelin brille en bronze sur la poursuite. « C’est impressionnant, on se tire vers le haut », savoure Jacquelin, à sa troisième Olympiade. L’ambiance légère, les entraînements rodés sans gadgets, font le reste. « On ne réinvente pas la roue chaque année », ajoute-t-il. À Pékin, l’argent mixte et masculin avait déjà marqué un tournant ; ici, l’or est l’unique horizon.

Norvège en épée de Damoclès

En Coupe du monde, la Norvège de Johan-Olav Botn et Sturla Laegreid domine : trois victoires sur quatre relais cette saison. Les Bleus n’en ont gagné qu’un, à Ruhpolding mi-janvier. « L’an dernier, on a raflé tous les relais sauf les Mondiaux », rappelle Jacquelin. Le retour en forme de Laegreid, triple médaillé ici, promet un duel électrique. « J’aurais préféré un rookie comme Uldal, mais ça rend la bataille plus belle », rigole Simon Fourcade, l’entraîneur.

Suède et Allemagne joueront les arbitres. Martin Ponsiluoma (or en poursuite) et Sebastian Samuelsson pèsent chez les Scandinaves, tandis que les Teutons guettent la faille.

L’ordre tactique, dernière inconnue

Jacquelin, Fillon Maillet, Perrot semblent incontournables ; Fabien Claude bouclera probablement le quatuor, comme en Coupe. Traditionnellement, Claude ouvre, Perrot conclut, les deux autres se relaient au cœur de la course. À Ruhpolding, Jacquelin malade avait cédé à Oscar Lombardot, mais le titulaire est de retour. Dans la course au neuvième podium et quatrième titre JO (record à battre), les Bleus misent sur cette alchimie pour briser la malédiction du relais.