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Monaco s’enfonce : battu à Istanbul, le rêve européen s’éloigne

Tarik Biberovic (Fenerbahce) face à Elie Okobo (Monaco) - Photo by Icon Sport

Rien ne va plus pour la Roca Team. Dépassé sur le parquet et fragilisé en coulisses, Monaco a subi une nouvelle désillusion en Euroligue en s’inclinant lourdement sur le parquet du Fenerbahçe (88-70), jeudi soir à Istanbul. Une septième défaite en huit matchs qui symbolise le déclin d’un club autrefois cité parmi les puissances du continent.

Il y a un an, Monaco rêvait du trône européen. Ce jeudi, elle n’a pu que constater l’écart qui la sépare désormais du sommet. Le choc entre le Fenerbahçe, solide leader de l’Euroligue, et une équipe monégasque à la dérive, a tourné à sens unique. Dominés dès l’entame (20-15 à la fin du premier quart), les joueurs de Vassilis Spanoulis n’ont jamais trouvé la clé pour déstabiliser la meilleure défense du continent. Maladroit à trois points — le premier panier longue distance signé Daniel Theis n’est arrivé qu’à la fin du troisième quart-temps —, Monaco a lentement été étouffé par un adversaire sûr de sa force.

La Roca Team prise dans l’étau

Face à la rigueur turque, menée par un Talen Horton-Tucker dominant (28 points, 8 rebonds) et un Bonzie Colson toujours précieux (14 pts, 3 rbds), les Monégasques ont craqué par séquences. Le sursaut tenté après la pause, impulsé par un Mike James volontaire (14 points, 7 rebonds), n’a pas suffi à relancer la dynamique. Les coéquipiers de Nando De Colo, impeccable chef d’orchestre, ont géré sans trembler, infligeant une nouvelle leçon collective à une équipe monégasque en panne d’inspiration.

Ce revers, le septième en huit rencontres, laisse Monaco à la 10e place du classement (16 victoires, 14 défaites). Si la qualification pour les barrages reste accessible, la voie directe vers les quarts de finale — réservée aux six premiers — semble désormais compromise. Symboliquement, cette nouvelle défaite face à Fenerbahçe agit comme une piqûre de rappel : les Turcs avaient déjà privé Monaco du titre l’an passé (81-70) avant de s’imposer également à l’aller cette saison (86-92).

Mais le danger le plus pressant ne se situe peut-être pas sur le parquet. Le club du Rocher vit au rythme d’une tempête financière qui menace sa survie à court terme. Son propriétaire, Aleksej Fedoricsev, frappé par les sanctions économiques liées à la guerre en Ukraine, ne peut plus soutenir le projet au même niveau. Le modèle économique, bâti sur des ressources extérieures et un budget de très haut standing, s’effrite à mesure que les défaites s’accumulent.

Dès vendredi, une nouvelle audience doit se tenir devant le tribunal de première instance de Monaco dans le cadre du dossier de redressement financier. Entre les incertitudes judiciaires et la fragilité sportive, la Roca Team joue sur tous les fronts — et perd pour l’instant sur chacun d’eux. L’enchaînement des contre-performances interroge sur l’avenir d’un effectif qui semble avoir perdu sa flamme, mais aussi sur la capacité du club à se reconstruire sans son mécène providentiel. À Istanbul, le naufrage a peut-être pris une portée symbolique : celle d’un géant au bord du gouffre.


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