Sous pression financière et sportive, la Roca Team perd son coach emblématique. L’entraîneur grec Vassilis Spanoulis a décidé de quitter Monaco avec effet immédiat, à un moment critique de la saison.
Le couperet est tombé en Principauté. Ce mercredi, l’AS Monaco Basket a officialisé le départ surprise de son entraîneur Vassilis Spanoulis. L’ancien meneur de légende, appelé en novembre 2024 pour relancer la Roca Team après l’ère Obradovic, a trouvé un accord avec la direction pour résilier son contrat. Une rupture qui intervient alors que le club traverse de profondes turbulences économiques et sportives.
Spanoulis, le bâtisseur rattrapé par la crise
Arrivé auréolé d’une finale d’Euroligue l’an passé – perdue face à Fenerbahçe –, Spanoulis avait su insuffler une nouvelle identité de jeu à Monaco. Mais les nuages se sont accumulés cet hiver. Depuis que les graves difficultés financières du club sont devenues publiques, les tensions internes n’ont cessé de croître. Le technicien grec, frustré par le flou entourant la pérennité du projet, avait d’abord pris du recul lors du match contre Cholet samedi (89-79), puis s’était encore absenté mardi lors de la demi-finale de Coupe de France remportée à Nanterre (88-83). Il quitte désormais officiellement le navire, « d’un commun accord » avec sa direction.
Dans un communiqué, le directeur général Oleksiy Yefimov a salué son parcours et son investissement : « Vassilis a été une source d’inspiration pour tout le club. J’aurais aimé que nous puissions accomplir encore plus ensemble, mais les circonstances nous obligent parfois à des décisions douloureuses. » Une allusion directe au marasme financier qui menace la survie de la Roca Team.
Gladyr à la barre, l’incertitude en toile de fond
Le relais sera assuré en interne. Sergii Gladyr, fidèle au club depuis 2015 et adjoint de Spanoulis depuis 2021, devrait poursuivre sa mission jusqu’à la fin de la saison. Le technicien ukrainien a d’ailleurs déjà dirigé les deux dernières rencontres, avec deux victoires au compteur. Selon nos informations, les deux adjoints grecs de Spanoulis, Ilias Kantsouris et Kostas Charalampidis, devraient, eux aussi, quitter le staff.
Sur le parquet, le contraste est saisissant. Monaco domine largement les compétitions nationales, fort de vingt succès de rang et d’un titre récent en Leaders Cup. Premier de Betclic Élite, le club visera la Coupe de France face au Mans pour sauver une saison devenue chaotique. En Euroligue, en revanche, la spirale est négative : la Roca Team pointe à la neuvième place après sept défaites en huit matchs, et doit affronter l’Olympiakos ce jeudi dans une situation plus que délicate.
Le départ de Spanoulis marque la fin d’un cycle express, aussi intense qu’inabouti. Le Grec, qui avait réussi à faire vibrer la salle Gaston-Médecin et à redonner espoir au public monégasque, laisse derrière lui un projet à la croisée des chemins : encore ambitieux sportivement, mais miné par une réalité économique de plus en plus implacable.

