À l’approche de la dernière ligne droite de la saison NBA, Victor Wembanyama l’assume sans détour : il ne compte pas lever le pied. À 22 ans, le Français des San Antonio Spurs vise haut, très haut — jusqu’au titre de MVP.
Victor Wembanyama a beau afficher la sérénité d’un vétéran, son appétit reste celui d’un prodige conscient de son potentiel. Après la victoire nette de San Antonio sur le parquet des Brooklyn Nets (126-110), le Français n’a pas cherché à cacher ses ambitions : « Je sais que je suis dans les conversations pour le MVP. Bien sûr, c’est un de mes objectifs. »
Des propos assumés alors que les Spurs, troisièmes de la ligue avec un bilan de 43 victoires pour 16 défaites, ont retrouvé le chemin du succès collectif. Conscient que les distinctions individuelles se gagnent aussi dans le sillage d’un groupe performant, Wembanyama résume la formule du trophée : « Le premier argument pour ça, c’est le succès de l’équipe. »
Mais il ajoute, lucide : « Je vais devoir mettre les gaz sur la fin de saison si je veux y croire. » Une déclaration qui sonne comme un avertissement : l’intérieur tricolore sait que la course au MVP est une question de constance et de rythme, autant qu’un duel à distance avec les autres cadors de la NBA.
Une bataille ouverte, mais impitoyable
Le tenant du titre Shai Gilgeous-Alexander (Oklahoma City) reste le favori, mais ses onze matches manqués pourraient lui coûter cher. La règle des 65 rencontres minimum pour prétendre aux récompenses de fin de saison pèse lourdement sur la balance. Nikola Jokic (Denver) n’a plus qu’un seul match de marge avant l’élimination, tandis que Wembanyama et Cade Cunningham (Detroit) apparaissent comme les deux dernières menaces crédibles dans le rétroviseur.
Le Français en a bien conscience : « L’objectif des 65 matches, c’est quelque chose que j’ai souvent en tête. L’an dernier, j’ai dû m’arrêter à 46 après le All-Star Game, et je ne veux pas revivre ça. »
Touché à l’épaule droite en 2025, le médaillé d’argent olympique avait vu son envol stoppé net. Cette saison, il avance prudemment mais sûrement, évitant les excès tout en continuant d’imposer sa marque sur le jeu des Spurs.
Plus qu’un objectif, un symbole
Au-delà du trophée, c’est la confirmation d’un statut que vise Wembanyama. Être MVP à 22 ans, à peine deux ans après ses débuts, serait un exploit majuscule pour le joueur du Chesnay. Malgré deux sorties discrètes à Toronto et Brooklyn (12 points à chaque fois), il assure se sentir “bien physiquement” et déterminé à finir fort.
La deuxième moitié de saison, souvent décisive pour départager les stars, s’annonce donc comme un test de maturité. Et si le Français promet de “mettre les gaz”, personne n’ignore qu’il en a le talent — et désormais, la volonté affirmée.


