La NBA calme le jeu avec la Chine après un simple tweet de soutien aux manifestants de Hong Kong posté par Daryl Morey, directeur général de la franchise des Houston Rockets, qui avait suscité le courroux des autorités de l’Empire du milieu.

Si personne ne connaît Daryl Morey, sa franchise n’est pas n’importe laquelle. Les Rockets jouissent d’une forte popularité en Chine depuis le passage de Yao Ming de 2002 à 2011. La réaction chinoise a été sans équivoque. La chaîne publique CCTV a annoncé ne plus retransmettre les matches des Rockets et plusieurs sponsors ont menacé de rompre les ponts avec le club texan. Un mini-séisme commercial qui a poussé la NBA et la star des Houston Rockets, James Harden, à jouer la carte de l’apaisement dans un pays représentant le plus gros marché de développement pour la ligue. «Nous nous excusons. Nous aimons la Chine. Nous aimons jouer là-bas», a déclaré James Harden. Dans un communiqué, la NBA a reconnu que le point de vue de Morey «a offensé tant de nos amis et fans en Chine, ce qui est regrettable». Une version chinoise du communiqué, postée sur Weibo (le Twitter chinois), allait plus loin en assurant que la NBA était «profondément déçue par les remarques inappropriées» du dirigeant des Rockets.

«Je n’avais pas l’intention d’offenser les fans des Rockets ni mes amis en Chine avec mon tweet», a rétropédalé Daryl Morey. «J’ai simplement exprimé une pensée, basée sur une interprétation d’une situation compliquée. J’ai eu beaucoup d’occasions depuis ce tweet d’entendre d’autres points de vue», a-t-il encore ajouté.

Le business avant la politique

La réaction de la NBA est loin de faire l’unanimité aux Etats-Unis. La ligue s’est en effet attirée les foudres d’un candidat à la présidentielle américaine en 2020, le Texan Beto O’Rourke, qui a qualifié «d’embarrassantes» les excuses de la NBA. «La seule chose pour laquelle la NBA devrait s’excuser, c’est la flagrante priorité donnée à l’argent au dépens des droits de l’homme», a regretté le candidat démocrate. «Nous valons mieux que ça, les droits de l’homme ne devraient pas être à vendre et la NBA ne devrait pas soutenir la censure communiste chinois», a également réagi l’ex-sénateur américan Ted Cruz (Parti Républicain).