Le meneur d’Oklahoma City Shai Gilgeous-Alexander a surclassé Nikola Jokic dans un duel épique, offrant au Thunder une victoire arrachée dans les dernières secondes et s’inscrivant un peu plus dans la légende.
Shai Gilgeous-Alexander n’est plus seulement le joueur élégant et insaisissable qui électrise les défenses depuis trois saisons. Lundi soir, à Denver, il a endossé le costume du patron incontesté de la NBA, celui que l’on attend quand le jeu se durcit et que les nerfs vacillent. Son tir primé, à deux secondes de la fin, a scellé un succès majuscule du Thunder (129-126) face aux Nuggets et à Nikola Jokic, dans ce qui ressemblait à un avant-goût des play-offs.
Un record et une démonstration de force
Avec ses 35 points, 9 rebonds et 15 passes sans la moindre perte de balle, “SGA” a orchestré une partition parfaite. Mieux encore, il a égalé un record vieux de plusieurs décennies, celui de Wilt Chamberlain : 126 matchs consécutifs à plus de 20 points. Une prouesse qui, à défaut d’être la plus clinquante des statistiques NBA, traduit une régularité hors norme. À 27 ans, Gilgeous-Alexander ne se contente plus d’impressionner par son jeu, il impose une forme d’autorité tranquille, celle d’un leader devenu référence.
Face à lui, Jokic n’a rien lâché. Le triple MVP serbe a répondu coup pour coup — 32 points, 14 rebonds, 13 passes — et gardé ses coéquipiers dans le match grâce à une série d’interventions de haut vol, bien épaulé par Tim Hardaway Jr. (28 points). À une minute de la fin, son “hook” ramenait encore Denver à une possession. Mais la dernière parole devait appartenir au Canadien du Thunder.
Dans une ambiance électrique, le final s’est mué en bras de fer mental. Gilgeous-Alexander, d’ordinaire plus à l’aise à mi-distance, a pris ses responsabilités à trois points. Panier net. Le Ball Arena s’est figé. Jokic, fidèle à sa réputation d’artiste, a bien tenté une ultime riposte longue distance, mais “SGA”, imperturbable, a clos le débat d’un dribble, d’un pas de côté, et d’un missile salvateur. La marque d’un MVP en marche.
Un parfum de printemps avant l’heure
Ce choc avait des airs de série de play-offs. Intensité, ajustements défensifs, coups de chaud et tensions physiques — à l’image du geste musclé de Luguentz Dort sur Jokic, déjà sujet à friction il y a dix jours. Rien ne manquait à ce cocktail de basket “de fin de saison”, selon les mots mêmes de Gilgeous-Alexander après la rencontre : « Ce sont des matchs qui sortent le meilleur de nous. »
Premier à l’Ouest (51 victoires, 15 défaites), Oklahoma City semble lancé vers une deuxième saison de rêve. Le Thunder ne se contente plus de séduire, il écrase. Avec un leader comme Gilgeous-Alexander en état de grâce, la jeune franchise donne déjà l’impression d’écrire une nouvelle dynastie.
Pendant ce temps, Denver (39-26), freiné par quelques blessures et une concurrence resserrée, doit se contenter d’une sixième place provisoire.
Et pendant que la NBA saluait cette bataille de titans, un autre clin d’œil venait de Brooklyn : le rookie français Nolan Traoré, 17 points, a brillé dans la victoire des Nets face à Memphis (126-115), où son compatriote Rayan Rupert a signé son record personnel avec 20 unités. La relève, là aussi, avance à grands pas.
