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Maxime Raynaud se fait une place chez les Kings

Maxime Raynaud - Photo by Icon Sport

Passé par Stanford et fort d’un profil hors norme, le jeune Français Maxime Raynaud s’est taillé une place en NBA à Sacramento, profitant d’une saison difficile pour se révéler. Dans le marasme collectif, il rayonne par sa lucidité et son intelligence de jeu.

À Sacramento, la saison tourne à la déroute, mais une lueur surnage dans le chaos : celle d’un grand blond parisien au parcours singulier. Sélectionné en 42e position de la Draft 2025, Maxime Raynaud n’était pas censé attirer les projecteurs. À 22 ans, l’intérieur de 2,16 m s’est pourtant imposé comme titulaire depuis la blessure du pivot vedette Domantas Sabonis, offrant aux Kings l’un de leurs rares motifs de satisfaction.

Un rookie qui ne perd jamais la tête

Avec ses 10,7 points et 7,2 rebonds de moyenne, Raynaud figure désormais parmi les rookies les plus efficaces du championnat, ex æquo en tête des rebondeurs avec l’Américain Derik Queen. Ses statistiques n’ont rien d’anodin dans une équipe en crise, lanterne rouge à l’Ouest (14 victoires, 49 défaites). Dans le vestiaire, entre Russell Westbrook et DeMar DeRozan, deux vétérans aguerris, le Français garde pourtant un calme déconcertant.

« C’est une grosse opportunité, reconnaît-il. Ce n’est jamais agréable de perdre, mais on apprend aussi dans ces moments-là. » Son entraîneur Doug Christie salue un joueur « déjà mûr », capable de s’imposer sans hausser la voix, un « pilier de la défense » au sang-froid rare pour un rookie jeté dans un environnement impitoyable.

Car Raynaud n’a rien d’un joueur formé à la dure dans la rue ou dans les circuits AAU américains. Il vient d’un autre monde : celui des bibliothèques et des algorithmes. Diplômé en informatique et mathématiques à Stanford, ancien élève du lycée Henri‑IV à Paris, il illustre un profil à la fois cérébral et constant. « Je programme encore un peu, je crée des petits jeux quand j’ai du temps libre », raconte-t-il. « Je ne vais plus en cours, mais j’essaie toujours d’apprendre autrement. »

De Henri‑IV à la NBA, un itinéraire pas ordinaire

Ce double ADN, universitaire et compétiteur, forge un joueur différent. Raynaud observe la NBA avec une distance pleine d’humour. Dans une ligue dominée par les ego, il confie user du rire « pour détendre, éviter les frictions ». « Il y a beaucoup de mâles alpha ici. Moi, je préfère désamorcer. Mais je ne veux pas qu’on pense que je m’en fiche : je suis un professionnel investi. »

Loin des paillettes, il savourent ses rares moments de complicité francophone sur le circuit. Avec Victor Wembanyama, qu’il connaît depuis les sélections jeunes et leurs parties de Donjons et Dragons, le lien reste fort. À Salt Lake City, il a récemment partagé un dîner avec Boris Diaw, manager de l’équipe de France.

Car l’horizon international n’est jamais loin. Médaillé d’argent à l’Euro U16 en 2019, puis champion d’Europe U20 en 2023, Raynaud sait que les Bleus comptent sur lui. « Si on appelle, je serai prêt, » glisse-t-il humblement. « L’équipe de France, c’est au‑delà des stats ou du prestige : c’est quelque chose qui te dépasse. »

Dans une saison morose, l’ancien étudiant de Stanford apporte à Sacramento plus qu’un peu d’efficacité : une leçon de lucidité et de constance. Le rookie français ne change peut‑être pas le destin de son équipe, mais à sa manière, il montre que tête bien faite et grand cœur peuvent cohabiter dans la plus exigeante des ligues.

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