La victoire de Thierry Neuville sur le Rallye d’Allemagne est d’autant plus incroyable qu’il avait bien failli ne pas prendre le départ du rallye vendredi après avoir sérieusement endommagé sa voiture la veille lors du shakedown ! La ligne d’arrivée passée, le pilote Hyundai n’a pas manqué de remercier ses mécanos pour le tour de force réalisé. Pour la Polo de Jari-Matti Latvala en revanche, il n’y avait plus rien à faire.

Théoriquement, la course de Thierry Neuville était terminée avant d’avoir commencé. Lors du shakedown, la Hyundai du Belge avait effectué six tonneaux et les mécaniciens avaient dû travailler toute la nuit précédant le départ pour permettre à Neuville de s’aligner in extremis. Je dois vraiment féliciter l’équipe pour cet incroyable boulot, a remercié Neuville, deuxième Belge de l’histoire à remporter un rallye en WRC (après François Duval en 2005 en Australie, ndlr). Réussir un bon résultat, c’était la moindre des choses pour remercier les mécanos qui m’ont permis de prendre le départ vendredi après mon crash de la veille, a continué le premier pilote à faire gagner une Hyundai en WRC, non sans souligné la performance réalisée lors de la journée de samedi. Après l’erreur du Shakedown, Nicolas (Gilsoul, son copilote) et moi avons été très performants, notamment samedi quand nous avons repris du temps à tous nos adversaires, sans commettre la moindre erreur.

Je visais donc un top 5, a souligné le pilote belge. Petit à petit, je me suis mis à rêver d’un podium. Et ce (dimanche) matin, j’ai réussi à maintenir la pression sur les pilotes devant moi (Latvala et Meeke, ndlr) ce qui a fini par payer. Les deux pilotes en question l’ont effectivement bien à remporter ce succès inespéré. Je ne m’attendais pas à ce que Latvala commette une erreur. Je ne pouvais pas y croire quand on me l’a dit dans la radio… Au départ dimanche matin, il disposait de près d’une minute d’avance et n’était donc pas sous pression. Mais les conditions étaient terriblement difficiles avec des virages gras et beaucoup de boue à la sortie en début de matinée. Les conditions d’adhérence étaient changeantes. Il était facile de commettre une erreur.

Alors que l’erreur de Latvala, conjugué à l’abandon de Sébastien Ogier le samedi, promettent une sérieuse explication de texte chez Volkswagen, Neuville savoure cette victoire historique pour lui et le constructeur sud-coréen. C’est un fameux encouragement. C’est aussi le couronnement de plusieurs mois de travail. Et c’est un doublé. Je finis premier, devant Dani (Sordo).