C’était le dernier acte d’un week-end d’exception, et il a été le plus électrique. Ce dimanche 3 mai à Gaborone, devant un Stade National en transe, le Botswana a remporté l’or du 4×400 m hommes en 2:54.47 — record de la compétition et troisième meilleure performance de l’histoire de l’humanité sur ce relais. Avec Letsile Tebogo en deuxième relayeur et Collen Kebinatshipi en anchorman dévastateur, le pays hôte a offert à l’Afrique son plus beau moment de la première édition des World Athletics Relays organisée sur le continent.
Il y a des soirées qui valent plus que tous les records. Botswana avait porté l’espoir d’une nation entière dans la dernière course du programme, et les relayeurs ont répondu avec une performance d’autorité, de précision et de sang-froid pour sceller l’un des moments les plus marquants de l’histoire des World Relays. Lee Eppie a lancé l’équipe avec un premier relais en 44.26 avant de passer le témoin à Letsile Tebogo — le champion olympique du 200 m — qui a couru en 43.50 sur son tronçon. Mais c’est au moment où l’Afrique du Sud, avec le prodige Lythe Pillay, a réussi l’incroyable temps de 42.66 sur le deuxième relais — un record mondial de split en 4×400 m — que le suspense est devenu insoutenable. Trois nations, un mouchoir de poche, la foule debout. C’est finalement Busang Collen Kebinatshipi qui a tout réglé sur le dernier relais, cassant les reins de ses adversaires dans la dernière ligne droite pour offrir la victoire à son pays en 2:54.47.
Cette performance s’inscrit dans un contexte historique exceptionnel. Le temps réalisé par le Botswana constitue non seulement un record national et la marque la plus rapide jamais enregistrée aux World Athletics Relays, mais aussi la troisième meilleure performance de tous les temps sur le relais 4×400 m hommes. Seuls les États-Unis ont fait mieux, avec le record du monde de 2:54.29 réalisé aux Mondiaux de 1993, et le chrono de 2:54.43 des Américains aux JO de Paris 2024 — où ils avaient devancé le Botswana d’un dixième de seconde. L’Afrique du Sud s’est classée deuxième en 2:55.07 — la cinquième meilleure performance de l’histoire — et l’Australie a complété le podium en 2:55.20. Un podium d’une densité absolument historique, signé sur le sol africain.
Au-delà du Botswana, ces World Athletics Relays Gaborone 2026 ont été un festival de performances. La Jamaïque a régné en maître en réalisant deux records du monde en deux jours sur le 4×100 m mixte — d’abord 39.99 samedi, puis 39.62 dimanche — grâce notamment au retour triomphal d’Elaine Thompson-Herah, double championne olympique de retour après trois saisons hantées par les blessures. La Norvège a créé la surprise en s’imposant sur le 4×400 m femmes en 3:20.96, meilleure performance mondiale de l’année et record national. C’était la 8e édition des World Athletics Relays, et la toute première organisée sur le continent africain — un symbole fort pour un week-end qui restera gravé dans l’histoire de l’athlétisme mondial.

