À 23 ans, Samuel Vessat a effacé des tablettes un record vieux de quinze ans. L’ancien basketteur, à peine deux ans après avoir découvert l’athlétisme, vient de battre le record de France du 400 m en salle avec un chrono de 45’’38 aux États-Unis.
Il y a encore deux ans, Samuel Vessat courait surtout derrière un ballon orange. Aujourd’hui, il file vers la lumière des pistes. Vendredi soir, à Indianapolis, le sociétaire de Saint-Denis a frappé un grand coup lors d’un championnat universitaire américain, bouclant son tour de piste en 45 secondes 38. Un temps canon qui efface le vieux record national de Leslie Djhone (45’’54), datant de 2011. Une marque que beaucoup pensaient intouchable.
Un météore venu du basket
Âgé de 23 ans, Vessat étudie et s’entraîne à l’université Purdue, dans l’Indiana. Son parcours a de quoi surprendre : ce n’est qu’en 2024 qu’il a véritablement chaussé les pointes, après des années passées à s’illustrer sur les parquets. En deux saisons, il a comblé son retard technique avec une vitesse et une aisance qui rappellent les meilleurs spécialistes du 400 m. Son entraîneur américain voit en lui « l’un des talents les plus explosifs du circuit universitaire ».
La progression du Français a de quoi impressionner. Dès la mi-février, il s’était fait remarquer avec un 45’’68 qui lui ouvrait déjà les portes des Mondiaux en salle de Torun (20-22 mars). Mais vendredi, à Indianapolis, il a franchi un cap supplémentaire. Son chrono de 45’’38 ne lui offre pas seulement un record national : il le propulse aussi parmi les dix meilleurs performeurs mondiaux de la saison.
Un rêve contrarié par les règlements
Ironie du sort, cette performance pourrait ne pas lui permettre de défendre ses chances sur la scène mondiale. En effet, la Fédération française d’athlétisme impose la participation aux championnats de France en salle – disputés ce week-end à Aubière (Puy-de-Dôme) – pour être sélectionné pour Torun. Depuis les États-Unis, où son calendrier universitaire ne lui permet pas le déplacement, Vessat devrait donc rester sur la touche.
Une décision frustrante, mais pas décourageante pour le jeune sprinteur. Avec sa marge de progression et son profil atypique, Samuel Vessat s’impose déjà comme l’une des belles promesses du sprint français. De ses débuts tardifs à ce record inattendu, son parcours raconte une ascension éclair – celle d’un athlète qui, en deux ans, a trouvé sa voie et bouleversé la hiérarchie du 400 mètres hexagonal.
