Le Tribunal arbitral du sport a confirmé jeudi la suspension pour deux ans de la vice-championne du monde du 1 500 m Diribe Welteji. Un coup dur pour l’une des figures montantes du demi-fond, sanctionnée pour avoir refusé un contrôle antidopage, sans preuve d’intention de triche.
À seulement 23 ans, Diribe Welteji incarnait la relève flamboyante de l’athlétisme éthiopien. Révélée aux Mondiaux de Budapest en 2023 avec une médaille d’argent pleine de promesses, la jeune coureuse voit aujourd’hui sa trajectoire brutalement stoppée. Le Tribunal arbitral du sport (TAS), basé à Lausanne, a confirmé sa suspension de deux ans à compter du 8 juillet 2025 pour infraction au règlement antidopage.
Les faits remontent à mai 2025. Ce jour-là, la championne refuse de se soumettre à un contrôle antidopage surprise à son domicile, prétextant un malentendu linguistique avec les agents présents. L’agence antidopage éthiopienne avait d’abord adopté une position indulgente, estimant qu’aucune violation claire du code n’avait été commise. Mais l’Unité d’intégrité de l’athlétisme (AIU) de World Athletics a fait appel, réclamant quatre ans de suspension.
Une sanction entre rigueur et clémence
Après plusieurs mois de bataille juridique, l’arbitre du TAS a tranché : la faute est bien avérée, mais sans caractère intentionnel. Selon le jugement, l’athlète a fait preuve d’une « négligence incompatible avec son expérience et son statut », mais les juges ont aussi reconnu des « problèmes de communication » qui ont pu contribuer au refus de prélèvement.
En conséquence, la durée de la sanction a été réduite à deux ans — une décision qui provoque automatiquement l’annulation de tous ses résultats obtenus après le 25 février 2025. Parmi eux figure son impressionnant record personnel de 3 min 51 s 44 établi en juillet 2025 à Eugene, désormais effacé des tablettes.
Une carrière à relancer
Welteji n’a plus couru depuis cette soirée américaine, dernière éclaircie avant une longue traversée du désert. L’ombre du contrôle manqué plane désormais sur une athlète jusqu’ici irréprochable, quatrième du 1 500 m aux Jeux olympiques de Paris en 2024.
Cette affaire, bien qu’exempte d’un test positif, rappelle la complexité d’un dispositif antidopage où la moindre erreur administrative ou incompréhension peut coûter cher. Pour l’Éthiopie, nation historique du demi-fond, elle soulève aussi la question du suivi et de la formation de ses championnes face aux exigences internationales.
En attendant la fin de sa suspension, prévue en juillet 2027, Diribe Welteji devra patienter avant d’espérer retrouver la piste et l’élan d’une carrière qui, il y a encore peu, semblait promise à toutes les gloires.
