Le cauchemar continue pour l’athlétisme kényan. Ce lundi, l’Agence kényane antidopage (Adak) a annoncé la suspension provisoire de 27 sportifs, parmi lesquels la marathonienne Rita Jeptoo, figure autrefois célébrée des grandes courses internationales.
Ce nouveau coup de filet illustre la crise persistante du sport kényan, miné par les contrôles positifs à répétition et la méfiance grandissante de la communauté mondiale de l’athlétisme.
Une ex-championne rattrapée par le passé
Rita Jeptoo, 45 ans, n’en est pas à son premier écart. Lauréate à Boston et Chicago dans les années 2010, elle avait été suspendue quatre ans en 2014 après un test positif à l’EPO. Revenue à la compétition depuis seulement trois ans, l’ancienne icône du marathon kényan a de nouveau été contrôlée positive, cette fois à des stéroïdes anabolisants.
Sa suspension, prononcée à titre provisoire, restera en vigueur jusqu’à son audience devant l’autorité disciplinaire, à une date encore indéterminée. Plus qu’un simple incident, ce retour dans la zone rouge de l’une des coureuses les plus titrées du pays symbolise la difficulté du Kenya à reconquérir sa crédibilité perdue.
Une contamination qui dépasse l’athlétisme
Le communiqué de l’Adak ne s’arrête pas à la reine du marathon. Parmi les 27 sportifs visés figurent Wiseman Were, champion national du 400 m haies, suspendu pour “manquements de localisation” après trois absences à des contrôles depuis août 2025, ainsi que plusieurs joueurs issus du football et du basket, preuve que le dopage ne se limite plus aux disciplines mythiques de la course de fond.
Le cas Were, médaillé de bronze du relais 4×400 m aux Jeux du Commonwealth, met en lumière un autre fléau : celui de la négligence administrative et du manque de suivi. Sa suspension, effective depuis le 14 février, l’empêche de concourir tant que son audience n’aura pas eu lieu.
Une réputation ternie malgré les promesses
Depuis 2017, plus de 140 athlètes kényans ont été suspendus par l’Unité d’intégrité de l’athlétisme (AIU), un triste record mondial. Malgré les efforts des autorités et les campagnes éducatives menées auprès des jeunes coureurs, les affaires se multiplient. Dernières en date : Ruth Chepngetich, détentrice du record du monde féminin du marathon, écartée trois ans en 2025, ou encore Benard Kibet Koech, cinquième du 10 000 m olympique à Paris, suspendu quatre ans en février.
Ces nouveaux cas fragilisent encore un peu plus le modèle kényan, longtemps vanté pour sa tradition d’endurance et sa pureté athlétique. À quelques mois des grandes échéances mondiales, la fédération du Kenya se retrouve sous pression, contrainte de prouver qu’elle lutte réellement contre une culture du dopage qui s’enracine.
Pour Rita Jeptoo et ses compatriotes suspendus, le long combat de la défense ne fait que commencer. Mais pour l’athlétisme kényan, c’est surtout la course à la réhabilitation qui s’annonce la plus ardue.
