Le titre de champion du monde du 100 m décroché samedi soir par l’Américain Justin Gatlin, suspendu pour dopage entre 2006 et 2010, est un nouveau coup dur pour l’athlétisme.

En prenant la succession de la superstar Usain Bolt sur le trône mondial du 100 m, le repenti Justin Gatlin, suspendu pour dopage entre 2006 et 2010, a jeté un froid sur le monde de l’athlétisme qui rêvait d’un autre passage de témoin pour redorer une image ternie par les scandales. Les sifflets du public londonien qui ont accompagné samedi la victoire de l’Américain de 35 ans témoignent du trouble et du malaise causés par sa résurrection, celle d’un sprinteur rattrapé par la patrouille de l’antidopage à deux reprises durant sa longue carrière (pour usage d’amphétamines en 2001, de testostérone en 2006).

Ce n’est pas Gatlin qui est à blâmer mais les institutions qui nous dirigent, le Comité international olympique et l’IAAF, qui pour l’instant permettent à des individus qui ont triché, et pas seulement une fois, de pouvoir s’aligner dans un grand championnat, tels les Mondiaux ou les JO, a estimé Guy Ontanon, entraîneur français spécialiste du sprint, interrogé par l’AFP. Aujourd’hui avec les stéroïdes anabolisants, on garde le profit musculaire et une mémoire musculaire, ça me gêne un peu, a-t-il ajouté. Quand on lit la charte olympique, je trouve grotesque que des gens dopés puissent se réaligner aux Jeux Olympiques. Cela ternit l’image du sport en général.