Il n’a pas cherché à esquiver la question. Álvaro Arbeloa, entraîneur intérimaire du Real Madrid depuis le licenciement surprise de Xabi Alonso en janvier, a choisi la franchise. Et ses mots, prononcés en conférence de presse, sonnent comme une bénédiction officieuse pour celui que toute la presse espagnole annonce déjà comme son successeur : José Mourinho.
«Pour moi, comme joueur et madridista, Mourinho est le numéro un. Je le pensais déjà il y a un mois et je continuerai de le penser.» La déclaration est nette, sans ambiguïté, presque affectueuse. Arbeloa ne joue pas la prudence diplomatique habituelle des entraîneurs en sursis — il parle d’abord en supporter, celui qu’il a toujours été avant d’endosser le costume de technicien.
L’ancien latéral droit international espagnol, qui avait côtoyé Mourinho lors de son premier passage sur le banc merengue entre 2010 et 2013, n’a visiblement pas oublié ce que le Portugais avait apporté au club. Trois saisons intenses, une Liga arrachée avec 100 points record, et une empreinte tactique et émotionnelle indélébile dans l’histoire récente de la Casa Blanca.
«Uno di noi» : le mot de la fin
La formule choisie par Arbeloa pour qualifier Mourinho résume tout : «Il est et sera toujours uno di noi» — «l’un des nôtres», en italien, dans une référence à peine voilée à l’identité que le technicien lusitanien a su construire au sein du vestiaire madrilène. Un homme du sérail, pas un étranger qui débarque.
Et si le Real Madrid devait officialiser son retour, Arbeloa promet d’être «très content de le voir à la maison». Une formulation qui, dans le microcosme du football professionnel, vaut à peu près autant qu’un communiqué de soutien.
À 99,9%, c’est lui
Du côté des médias espagnols, le dossier semble plié. Plusieurs sources locales évoquent un retour de Mourinho «à 99,9%» sur le banc du Real Madrid la saison prochaine. Un chiffre aussi précis qu’éloquent, qui laisse peu de place au doute — et encore moins à la concurrence.
Arbeloa, lui, a pris acte avec sérénité. «Le club prendra une décision pour l’entraîneur de la saison prochaine quand le moment sera opportun», a-t-il indiqué, sans trahir la moindre amertume. Une élégance qui force le respect, surtout pour quelqu’un qui occupe le poste depuis plusieurs mois dans des circonstances délicates, suite à un licenciement qui avait surpris tout le monde.
Un retour chargé d’histoire
Si Mourinho revenait effectivement au Santiago Bernabéu, il signerait l’un des come-backs les plus symboliques du football européen de ces dernières années. Un entraîneur de 63 ans, au palmarès inégalé, qui retrouverait le club où il a connu ses heures de gloire — et quelques-unes de ses crises les plus mémorables.
Le Real Madrid n’a pas encore communiqué officiellement. Mais quand Arbeloa parle de «maison», le message, lui, est déjà passé.

