Il y a quarante-huit heures, Adrien Thomasson saluait les supporters de Bollaert les larmes aux yeux. Ce vendredi, on apprend qu’il a dit oui au Stade Rennais. Le football va vite. Les carrières aussi.
Une page qui se tourne à Lens
Mercredi soir, au coup de sifflet final de Lens-PSG (0-2), Adrien Thomasson avait pris le micro pour un discours qui ressemblait à un au revoir. « Franchement, ça a été un honneur, une fierté de porter ce maillot, de jouer dans un stade incroyable, rempli tous les week-ends. Je voulais remercier tout le monde, tous les supporters qui m’ont soutenu. Je ne retiendrai que les bons moments, ça restera toujours un passage qui va me marquer », avait-il confié, la gorge serrée.
Les mots d’un homme qui sait que c’est fini. Capitaine et cadre du vestiaire lensois, Thomasson quitte l’Artois après une étape marquante, symbolisée par son influence dans le jeu et sa régularité au plus haut niveau. En trois ans et demi à Lens, il aura tout vécu : deux deuxièmes places de Ligue 1, la Ligue des Champions, et une dernière saison aboutie qui l’a consacré meilleur passeur du championnat.
Rennes frappe fort et gratuitement
Adrien Thomasson a donné son accord au Stade Rennais, qui tient sa première recrue estivale. Le milieu de terrain, en fin de contrat avec Lens, va rejoindre le club breton librement. Selon Ouest-France, il va signer pour deux saisons, plus une en option. Zéro indemnité de transfert pour un joueur qui a affiché 4 buts et 10 passes décisives cette saison en Ligue 1. Sur le papier, c’est l’une des meilleures opérations du mercato estival, avant même son ouverture officielle.
Avec 49 buts inscrits en Ligue 1, Thomasson figure parmi les dix meilleurs buteurs français encore en activité dans le championnat — une longévité et une régularité rares pour un milieu offensif de 32 ans.
Haise, l’argument décisif
Derrière ce choix, il y a une histoire humaine. À Rennes, Thomasson ne débarquera pas en terrain inconnu. Il va retrouver Franck Haise, avec qui il a travaillé à Lens, mais aussi Arnaud Pouille, désormais président du Stade Rennais. Le directeur sportif Loïc Désiré connaît également très bien son profil depuis son passage à Strasbourg.
Le projet du Stade Rennais a fait la différence, notamment grâce à la perspective de disputer une compétition européenne la saison prochaine. Car dimanche, Rennes joue contre l’OM avec une place en Europe directement en jeu. Thomasson arrive dans un club en pleine dynamique ascendante, pas dans un projet de reconstruction.
La boucle Nantes-Rennes se referme
Il y a dans ce transfert une ironie savoureuse. Au moment d’évoquer le transfert de Valentin Rongier, ancien Nantais lui aussi, au Stade Rennais l’été dernier, Thomasson avait su prendre du recul et affirmer que, dans une carrière de footballeur, tout était possible en fonction des opportunités. Formé à Nantes, passé par Strasbourg, consacré à Lens — le voilà désormais Rouge et Noir.
Pour Rennes, c’est un signal clair envoyé au championnat : le club breton veut peser, recrute intelligent, et construit autour d’un projet cohérent. Thomasson en est la première pierre. L’été ne fait que commencer.

