Il n’a pas encore fêté ses 20 ans. Et pourtant, Senny Mayulu a déjà vécu une saison que peu de joueurs connaissent en toute une carrière.
Champion de France ce mercredi soir avec le PSG après la victoire à Lens, le milieu parisien aura marqué cette saison 2025-2026 d’une empreinte singulière : celle d’un joueur capable d’évoluer à 9 postes différents sur un terrain.
Neuf postes. Le chiffre mérite qu’on s’y arrête.
Dans le détail, Mayulu a occupé tous les rôles au milieu de terrain — en 6 défensif, en 8 relayeur, en 10 créateur. Il s’est également retrouvé titulaire en pointe, en numéro 9 pur. Et si ce choix pouvait sembler risqué voire fantaisiste, Luis Enrique a eu raison jusqu’au bout : aligné en avant-centre face au Barça en Ligue des Champions, le jeune Parisien avait trouvé le chemin des filets. Improbable. Imparable.
Mais ce n’est pas tout. Mayulu a aussi été utilisé sur les deux flancs offensifs, ainsi qu’au poste de latéral droit. Ce dernier rôle, a priori aux antipodes de son profil, il l’a assumé avec un naturel déconcertant. Luis Enrique lui-même s’est montré totalement satisfait de sa prestation dans cette position lors de la victoire contre Brest.
La polyvalence n’est pas un hasard chez ce garçon. Ambidextre, 1m83, né au Blanc-Mesnil d’un père congolais et d’une mère française, Mayulu a rejoint le centre de formation du PSG en 2018, à douze ans à peine. Il a grandi dans cette maison, en absorbant ses codes, ses exigences, sa culture du collectif. Et quand Luis Enrique est arrivé avec sa philosophie du « joueur total », Mayulu était déjà prêt pour ça — peut-être sans le savoir.
Cette saison, les statistiques confirment l’impact : 6 buts toutes compétitions confondues en 38 rencontres. Des réalisations souvent décisives, souvent dans les grands rendez-vous. Face à Chelsea en huitièmes de finale retour de la Ligue des Champions à Stamford Bridge, c’est lui qui inscrit le 3-0, scellant définitivement la qualification parisienne sur un score cumulé de 8-2.
Ce que Mayulu incarne, c’est une nouvelle génération de footballeurs que le football moderne appelle de ses vœux : des profils hybrides, interchangeables, capables de lire plusieurs espaces à la fois. Des joueurs que les entraîneurs comme Luis Enrique ne cherchent plus à enfermer dans une étiquette, mais à libérer dans un système.
À 19 ans, avec un titre de champion de France en poche et une finale de Ligue des Champions contre Arsenal le 30 mai en ligne de mire, Senny Mayulu n’est plus un espoir du PSG. Il en est l’un des piliers discrets, le genre de joueur dont on comprend l’importance quand il n’est pas là — et dont on n’a pas encore fini de mesurer le plafond.

