Robin Risser, meilleur gardien de L1 à 21 ans : et si Deschamps l’emmenait au Mondial ce soir ?

La liste des 26 Bleus pour la Coupe du monde 2026 sera révélée ce jeudi soir au JT de TF1. Quelques heures plus tôt, le portier du RC Lens vient d’être sacré meilleur gardien de Ligue 1. Le timing est vertigineux.

Il ne pouvait pas rêver mieux. Ce lundi soir au Palais Brongniart, Robin Risser a reçu le Trophée UNFP du meilleur gardien de Ligue 1 des mains de Guillaume Warmuz, légende du poste à Lens. Ce jeudi, Didier Deschamps doit annoncer au JT de 20h sur TF1 les 26 joueurs qui défendront les couleurs françaises à la Coupe du monde 2026. Entre ces deux événements, il y a moins d’une semaine. Et une question qui s’impose d’elle-même : est-ce que le gamin de Colmar de 21 ans peut être du voyage en Amérique ?

De Dijon à Bollaert, un ascenseur express

Il y a deux ans, Robin Risser enchaînait les matchs en National avec Dijon. Bouché à Strasbourg par Matz Sels, il avait été prêté pour se faire les dents dans le troisième échelon du football français. Puis le Red Star en Ligue 2. Puis Lens en Ligue 1, pour sa première vraie saison dans l’élite. Et maintenant, meilleur gardien du championnat. Le tout à 21 ans, en ayant grillé les étapes avec une sérénité déconcertante.

Son profil interpelle : 1,92 m, une aisance dans les airs, une relance propre, et une première saison au plus haut niveau réalisée sans complexe. Pas exempt de tout reproche — il a concédé quelques boulettes, notamment contre Toulouse en avril — mais suffisamment régulier pour convaincre ses pairs, qui l’ont plébiscité dans le vote UNFP.

Le boulevard laissé par Chevalier

La vraie question n’est pas tant de savoir si Risser mérite le Mondial. Elle est de savoir si Deschamps a d’autres choix. Derrière Mike Maignan, titulaire indiscutable, et Brice Samba, installé comme deuxième gardien depuis mars, la troisième place fait débat depuis des mois. Lucas Chevalier, le grand favori annoncé, n’a plus joué depuis la fin janvier au PSG, où il a vécu une saison cauchemardesque. Deschamps a longtemps gardé confiance en lui, mais prendre un gardien sans temps de jeu à un Mondial, c’est un risque que peu de sélectionneurs acceptent d’assumer.

Areola, Butez — les alternatives semblent encore moins convaincantes. Risser, lui, sort d’une saison pleine avec le deuxième de Ligue 1, finaliste de la Coupe de France. Et s’il remporte ce trophée contre Nice le 22 mai, sa cote s’envolera encore davantage.

« Pourquoi pas une bonne surprise »

Lui-même ne cède pas à l’euphorie. Interrogé après sa récompense sur sa présence dans la liste, il a souri : « La liste est jeudi, le sélectionneur prendra qui il veut, je vais regarder ça avec attention et pourquoi pas une bonne surprise. » Ni arrogance, ni fausse modestie. Juste un gardien qui sait que le moment est là, que le calendrier lui sourit, et qu’il a fait tout ce qui était en son pouvoir pour peser dans la balance.

Ce soir, à 20h, Didier Deschamps prend la parole. Robin Risser, lui, sera attentif. Comme 67 millions de Français — mais avec un intérêt un peu plus personnel.