Sept semaines après un report jugé inacceptable par tout un peuple artésien, le RC Lens reçoit enfin le PSG ce mercredi 13 mai au Stade Bollaert-Delelis à Lens. Dans les tribunes, la colère ne s’est pas dissipée. Banderoles anti-QSI, sifflets, débats sur un boycott : la rencontre s’annonce électrique bien au-delà du rectangle vert.
Il y a des décisions qui ne passent pas. Le 26 mars dernier, la LFP a accepté la demande du PSG de reporter la 29e journée de Ligue 1 opposant le RC Lens aux Parisiens, initialement programmée le 11 avril, pour offrir au club de la capitale une semaine de récupération optimale avant ses quarts de finale de Ligue des Champions contre Liverpool. Une décision officiellement justifiée par la défense de l’indice UEFA, mais vécue dans l’Artois comme une trahison de l’équité sportive. Depuis, les Sang et Or ont laissé sept précieux points en route — défaite dans le derby, nuls concédés à Brest puis à Nice — tandis que l’écart au classement s’est creusé. Le titre, qui semblait encore atteignable en mars, est désormais hors de portée. Joseph Oughourlian, le président lensois, résumait la situation avec une amertume à peine voilée lundi soir aux trophées UNFP : « Il aurait pu y avoir de l’enjeu il y a un mois, maintenant il n’y en a plus. »
« Il est inconcevable que l’intégrité de la fin de saison du RC Lens serve de variable d’ajustement aux ambitions européennes du PSG. » — Lettre des 34 associations de supporters lensois adressée au CNOSF
Ce mercredi soir, le Stade Bollaert-Delelis ne sera pas un stade comme les autres. Les groupes de supporters les plus engagés ont annoncé la couleur : chants et banderoles anti-QSI, le fonds d’investissement qatari propriétaire du PSG, devraient fleurir dans les travées dès le coup d’envoi. Les franges les plus radicales de la tribune ont même hésité entre deux formes de protestation symbolique : boycotter purement et simplement la rencontre, ou siffler les joueurs parisiens de la première à la dernière minute. Un débat qui illustre la profondeur de la fracture entre la base populaire lensoise et les instances du football professionnel français, accusées de sacrifier l’équité nationale sur l’autel de la performance européenne du PSG.
Certains supporters avaient même initié un mouvement pour que Pierre Sage n’aligne que des jeunes ce soir, histoire d’envoyer un message symbolique à la LFP et au PSG. L’entraîneur du RC Lens a balayé cette option avec une clarté qui force le respect. Lens jouera à fond. Ce mercredi soir à Bollaert, malgré un contexte institutionnel empoisonné et une saison sabotée par une décision administrative, les Sang et Or ne feront pas de la figuration. Pour Pierre Sage, l’honneur du club, la préparation sportive et le respect des abonnés priment sur toute démonstration politique. La chaleur de Bollaert fera le reste : dans l’Artois, on ne sait pas faire autrement que de tout donner.

