Il y a quelque chose d’irréductible dans ce club. L’AS Saint-Étienne, dix fois championne de France, club le plus titré de l’histoire du football hexagonal, se retrouve une nouvelle fois à jouer sa survie dans l’élite sur quelques matchs couperets.
Pas de filet, pas de droit à l’erreur. Juste le Chaudron, ses supporters et trois rencontres pour retrouver la Ligue 1.
Un scénario cruel après une saison solide
La saison régulière de Ligue 2 aurait pu se terminer en fête. Le 9 mai, les Verts ont atomisé Amiens 5-0 devant un Geoffroy-Guichard comble, dans une démonstration offensive qui aurait dû tout débloquer. Mais un résultat défavorable à Bastia a privé Saint-Étienne de la montée directe, reléguant le club à la troisième place du classement. Troyes et Le Mans montent automatiquement. L’ASSE, elle, devra se battre jusqu’au bout.
Paradoxe cruel : ce même soir, le vestiaire stéphanois était triste. Pas seulement à cause du classement. Philippe Montanier a confirmé quatre absences notables pour les play-offs, semant le doute sur la capacité physique d’un groupe qui approche du bout du rouleau.
Davitashvili, le druide du Chaudron
Au milieu des incertitudes, un homme surnage. Zuriko Davitashvili a été élu meilleur joueur de Ligue 2 lors de la cérémonie des trophées UNFP, le 11 mai, au Palais Brongniart. L’international géorgien de 25 ans, auteur de 14 buts et 5 passes décisives en 29 matchs, a reçu sa récompense… à distance. Trop occupé à préparer les play-offs pour faire le déplacement à Paris. Le symbole est parlant : à Saint-Étienne, les honneurs individuels attendent. La montée, elle, n’attendra pas.
Le calendrier : trois matchs, un destin
Le format est implacable. Ce mardi 12 mai, Red Star et Rodez s’affrontent dans le play-off 1. Le vainqueur se déplacera vendredi 15 mai à Geoffroy-Guichard pour défier les Verts en match unique. L’avantage du terrain est réel : le Chaudron en feu reste l’un des environnements les plus redoutables du football français. En cas de qualification, Saint-Étienne accueillera le 16e de Ligue 1 le 21 mai pour le match aller, avant le retour le 24 mai chez l’adversaire. En cas d’égalité globale : prolongations, puis tirs au but. Trois matchs, trois finales.
Une habitude du précipice
Ce n’est pas la première fois que l’ASSE se retrouve dans cette situation. Il y a deux saisons déjà, le club empruntait ce même chemin des barrages. La mémoire peut être un fardeau ou une force. Tout dépendra de comment Montanier et ses hommes abordent l’échéance.
Les signaux positifs existent : un Davitashvili au sommet de son art, un public acquis à la cause, et cette capacité propre aux grands clubs de se transcender quand l’essentiel est en jeu. Les signaux négatifs aussi : les blessés, la fatigue, le format couperet qui ne pardonne rien.
Saint-Étienne n’est jamais aussi grande que dos au mur. Mai 2026 dira si cette vérité tient encore.

