Simeone lâche la punchline de la semaine — « Et dire qu’on a éliminé Barcelone deux fois ! »

Diego Simeone a le sens de l’humour. Interrogé en conférence de presse sur le sacre du FC Barcelone en Liga, le technicien argentin de l’Atlético Madrid n’a pas pu s’empêcher de sortir une réplique cinglante et savoureuse : « Et dire qu’on a éliminé Barcelone deux fois ! » Un trait d’humour qui résume parfaitement le paradoxe de la saison madrilène — et qui a déjà fait le tour des réseaux sociaux.

Il fallait oser le dire. Cette saison, l’Atlético de Madrid a éliminé le FC Barcelone en quart de finale de la Ligue des Champions — « Éliminer le Barça en quarts de finale de la Ligue des Champions n’est pas facile », avait d’ailleurs souligné Simeone lui-même au lendemain de l’exploit. Les Blaugrana avaient même déposé une plainte officielle auprès de l’UEFA après avoir déploré une erreur arbitrale lors de ce quart de finale — concernant une main dans la surface du défenseur madrilène Marc Pubill. Mais Simeone, imperturbable, avait botté en touche avec cette formule désormais culte : « Je suis très respectueux. Nous vivons à Madrid et nous sommes habitués à ce genre de situations. » Cette fois, devant les journalistes venus lui demander sa réaction au titre du Barça en Liga, il a sorti son couteau avec le sourire. Une sortie en deux phrases, une image forte : l’Atlético a fait tomber le champion de Liga en Coupe d’Europe et en Liga, et Barcelone est quand même sacré. Le football est parfois cruel.

La saison de l’Atlético de Madrid aura été à la fois grandiose et frustrante. Grandiose parce que Simeone et ses joueurs ont réalisé une épopée européenne remarquable, éliminant Barcelone puis affrontant Arsenal en demi-finale de Ligue des Champions. Frustrante parce que, malgré une Liga de très haute facture avec 60 points engrangés, les Colchoneros finissent derrière le champion Barcelone et derrière un Real Madrid qui a lui aussi trébuché en cours de route. Antoine Griezmann — qui s’apprête à quitter le club pour Orlando City — incarne cette dualité avec ses prestations tour à tour décisives et insuffisantes sur la fin. Ce n’est pas le titre qui restera dans les mémoires pour l’Atlético cette saison. C’est peut-être cette phrase de Simeone, prononcée avec ce demi-sourire qui le caractérise, qui résume le mieux une saison hors normes : battre le champion, sans être sacré. Et continuer quand même à sourire.

La boutade du Cholo dit aussi quelque chose de plus profond sur la saison du FC Barcelone. Champions de Liga, certes. Mais éliminés dès les quarts de finale de la Ligue des Champions par l’Atlético. Leurs supporters peuvent donc se demander ce que vaut un titre national quand on échoue sur la scène européenne. D’autant que le Clasico perdu face à un Real Madrid lui aussi diminué a laissé des traces. La plainte déposée auprès de l’UEFA après le quart de finale perdu face à l’Atlético avait illustré une certaine fébrilité barcelonaise face à l’adversité. Simeone, lui, n’a pas besoin de pleurer. Il a le sourire, il a la punchline, il a la finale de C1 dans sa mémoire. Et une question sans réponse qui restera dans les annales du football espagnol : à quoi ça sert de battre le futur champion deux fois, si ce n’est pas pour gagner le titre ? « Et dire qu’on a éliminé Barcelone deux fois ! »