Il avait quitté Madrid en 2013 sur les chapeaux de roues, laissant derrière lui un vestiaire fracturé et des rancœurs jamais tout à fait cicatrisées. Treize ans plus tard, José Mourinho est de retour dans le radar du Real Madrid. Et cette fois, il entend dicter ses règles avant même de poser sa valise au Bernabéu.
Le dossier a pris une tournure concrète début mai. Selon les médias espagnols Esdiario, Marca et le quotidien AS, une visioconférence d’environ une heure a réuni José Mourinho et le président Florentino Pérez, en présence de Jorge Mendes, l’agent de longue date du Portugais. L’ordre du jour : un retour possible sur le banc madrilène dès le 30 juin prochain.
Le contexte pousse Pérez à agir vite. La saison 2025-2026 est un naufrage : élimination en quarts de finale de la Ligue des champions par le Bayern Munich, titre en Liga mathématiquement hors de portée, et un vestiaire au bord de l’explosion — illustré par la violente altercation à l’entraînement entre Valverde et Tchouaméni, qui a conduit à l’hospitalisation de l’Uruguayen. Dans ce chaos, Florentino Pérez ne voit plus qu’un homme capable de rétablir l’ordre : le Special One.
Dix conditions non négociables — et c’est tout ou rien
Mourinho n’est pas venu les mains vides. Selon ESdiario, il aurait présenté une liste de dix exigences. Et le mot d’ordre est clair : c’est un bloc indivisible. Si une seule condition est rejetée, la réponse est non.
Au cœur de ses demandes : un contrôle sportif total et absolu. Compositions d’équipe, gestion du vestiaire, choix des joueurs — personne ne lui dicte sa loi, quel que soit le statut de l’intéressé. Il veut également la main sur le mercato, avec la capacité de valider les transferts entrants et d’imposer les départs. Il aurait déjà identifié sept joueurs qu’il souhaite voir quitter le club cet été.
Côté staff, Mourinho débarque avec toute son équipe de Benfica. Exit Antonio Pintus, le préparateur physique actuel — son départ est non négociable. Il n’a pas, en revanche, fermé la porte à l’intégration d’Alvaro Arbeloa dans son staff, si l’Espagnol accepte de rester en retrait.
Ses autres exigences révèlent la leçon apprise de son premier passage : un lien direct et exclusif avec Florentino Pérez, sans passer par d’autres dirigeants comme José Angel Sanchez. Un porte-parole officiel du club pour les sujets institutionnels, afin qu’il ne soit plus contraint de défendre des décisions qui ne sont pas les siennes face aux médias. Un contrôle sur le département médical, incluant un protocole de deuxième opinion pour les diagnostics. Et l’élimination des longues tournées estivales en Amérique ou en Asie, jugées préjudiciables à la préparation physique. Enfin, un contrat de deux ans, jusqu’en 2028 — ni intérimaire, ni engagement à long terme avant d’avoir évalué le projet.
Mourinho dément, mais ne ferme pas la porte
En conférence de presse, le coach de Benfica a joué la prudence. Il a démenti tout contact avec Pérez, qualifiant les rumeurs de « spéculations ». Mais il a soigneusement évité d’exclure un départ cet été, précisant qu’une « fenêtre d’une semaine » s’ouvrira à la fin de la saison portugaise pour qu’il puisse parler librement.
La réponse de Florentino Pérez est attendue dans les prochains jours. Elle dira si le Real Madrid est vraiment prêt à donner à Mourinho un pouvoir sans précédent dans l’histoire du club — ou si ce retour du Special One restera, une fois de plus, le feuilleton de l’été.
Sources : ESdiario, Marca, AS, Goal.com, Sky Sports — mai 2026.

