Le Mans de retour en Ligue 1 à peine 12 ans après une liquidation judiciaire, avec Novak Djokovic et Thibaut Courtois au capital !

La promotion n’est pas encore officielle, mais les Manceaux n’ont pas attendu le verdict pour laisser exploser leur joie. Samedi soir, lors de la 34e journée de Ligue 2, Le Mans était en train de s’imposer face à Bastia (2-0) quand la rencontre a été définitivement interrompue à cause de fumigènes envahissant la pelouse. La Ligue de Football Professionnel doit encore se prononcer sur l’homologation du score, mais ce résultat, s’il est validé, propulserait le club sarthois à la deuxième place du classement — synonyme de montée directe en Ligue 1.

Qu’importe le flou administratif : dans la nuit suivant le match, les joueurs de Patrick Videira ont rejoint leurs supporters pour fêter ce retour attendu dans l’élite du football français. Des images diffusées par RMC Sport montrent une célébration spontanée et sincère, portée par l’euphorie collective d’un club qui retrouve enfin la première division.

Pour Le Mans, longtemps pensionnaire des divisions inférieures, cette quasi-promotion représente bien plus qu’un simple résultat sportif. C’est la conclusion d’un projet, la récompense d’une saison aboutie. La L1 se rapproche.

Le Mans FC en Ligue 1 : l’incroyable renaissance d’un club revenu de l’enfer

Il y a douze ans à peine, Le Mans FC touchait le fond. Liquidation judiciaire, rétrogradation administrative en Division d’Honneur, dissolution d’un club fondé en 1985 : le football sarthois semblait condamné. Aujourd’hui, les joueurs de Patrick Videira célèbrent avec leurs supporters une quasi-promotion en Ligue 1. Une trajectoire vertigineuse, portée par la patience, la méthode et, désormais, des investisseurs venus du monde entier.

La longue traversée du désert

Tout s’effondre en 2013. Englué dans des difficultés financières chroniques, le club est relégué sportivement en National puis sanctionné par la DNCG, qui l’envoie en Division d’Honneur. C’est la case départ, le niveau amateur. Mais Le Mans refuse de mourir. Entre 2014 et 2019, le club enchaîne les montées successives et retrouve la Ligue 2 en seulement six saisons — un exploit qui force le respect dans le milieu du football français.

La chute suivante est cruelle. En 2020, Le Mans est relégué de Ligue 2 de manière controversée lorsque la saison est interrompue prématurément en raison de la pandémie de Covid-19. Le club sarthois, pourtant favorable à un maintien du championnat à 22 clubs, est renvoyé en National malgré lui. Cinq nouvelles saisons à ce niveau vont suivre.

Thierry Gomez, l’architecte discret

C’est sous l’impulsion du président Thierry Gomez, en poste depuis 2016, que Le Mans a retrouvé une direction claire. L’objectif n’a jamais changé : ramener le club dans le monde professionnel, étape par étape, sans précipitation. Avec un budget serré, une formation solide et une identité forte, le projet tient. Le budget du club est resté l’un des plus modestes de Ligue 2, avec 9 millions d’euros annoncés pour la saison 2025-2026, contre 5 millions en National.

Deux montées en deux ans

Le 16 mai 2025, Le Mans retrouve la Ligue 2 après cinq saisons d’absence en s’imposant 2-0 face au FC Versailles lors de la dernière journée du championnat National. Une première promotion qui ouvre la voie à une deuxième, immédiatement. En Ligue 2 avec Patrick Videira, le club enchaîne les performances et se retrouve, au terme de la 34e journée, en position de monter directement en Ligue 1 après son succès interrompu à Bastia.

Des actionnaires venus d’ailleurs

Entre les deux promotions, Le Mans a aussi changé de dimension sur le plan financier. En août 2025, le champion de tennis Novak Djokovic est devenu copropriétaire du club via le consortium brésilien OutField, aux côtés des pilotes de Formule 1 Felipe Massa et Kevin Magnussen. Le gardien belge Thibaut Courtois a également rejoint l’actionnariat via sa société NxtPlay. Une vitrine internationale pour un club qui, il y a dix ans, jouait en Division d’Honneur.

La Ligue 1 se rapproche. Et cette fois, personne ne l’a volée.