FC Nantes : La détresse absolue de Vahid Halilhodzic après la relégation

Vendredi 8 mai 2026, Bollaert. Le FC Nantes s’incline 1-0 face au RC Lens et descend officiellement en Ligue 2 pour la troisième fois de son histoire. Dehors, les supporters nantais pleurent. Dedans, Vahid Halilhodzic, 73 ans, sorti de sa retraite pour tenter l’impossible, s’est présenté en conférence de presse. Il en est reparti vingt secondes plus tard, incapable de prononcer un mot. Une image qui restera.

Battu à Lens (1-0) vendredi soir en ouverture de la 33e journée de Ligue 1, le FC Nantes est officiellement relégué en Ligue 2 — une sanction logique après une saison catastrophique : cinq victoires seulement et vingt défaites au compteur en 33 matchs. Vahid Halilhodzic, revenu au chevet du club nantais le 10 mars dernier à 73 ans pour tenter de réussir l’impossible — lui qui n’avait plus entraîné depuis des années — n’a pas pu enrayer la dynamique négative d’un groupe en perdition. Quand l’heure de la conférence de presse est arrivée, le technicien bosnien s’est levé, a rejoint la salle, a regardé les journalistes. Et en vingt secondes, tout était dit. « Une profonde tristesse… Je ne suis plus capable de parler, je suis triste. C’est très difficile, excusez-moi », a-t-il balbutié avant de quitter la pièce, submergé. Même au micro de Ligue 1+, il n’avait pu que s’excuser : « Si vous me permettez, je m’en excuse, je suis triste, je ne peux pas parler, je suis trop triste, je ne suis pas capable de vous répondre, je m’excuse franchement. »

Dans le vestiaire nantais, c’était la désolation totale. Le défenseur Nicolas Cozza, l’un des cadres du groupe, a confié sa détresse après la rencontre : « J’ai des dizaines de matchs en tête, notamment celui de Brest à la maison où on gagne 1-0 et on se fait égaliser à la dernière minute. Il y a plein de points perdus. Il y a aussi l’égalisation à Lille à la dernière minute… » Des regrets qui s’accumulent sur une saison entière de rendez-vous manqués, de buts encaissés dans les derniers instants, de matchs perdus dans les détails. C’est la troisième relégation de l’histoire du FC Nantes, après 2007 et 2009. La dernière fois, les Canaris avaient mis quatre ans pour remonter en Ligue 1. Pour Waldemar Kita et ses actionnaires, la question de l’avenir du club se pose désormais avec une acuité terrible — dans un championnat où les grandes descentes ne se relèvent pas toujours.

Ce soir de vendredi 8 mai restera une date noire dans l’histoire du football nantais. La Beaujoire, ce temple du football de l’Ouest, ne verra plus de Ligue 1 la saison prochaine. Les Jaune et Vert devront reconstruire dans la deuxième division avec une ardoise lourde à porter et des supporters qui attendront des réponses. Mais l’image la plus forte de cette soirée, celle qui hantera les consciences, c’est celle de Vahid Halilhodzic — cet homme de 73 ans qui a tout connu dans le football, les titres, les grandes équipes nationales, les Coupes du monde — réduit au silence par la tristesse en vingt secondes. Coach Vahid avait promis de se battre. Il s’est battu. Le football, lui, n’a pas été tendre. Et les larmes d’un vieux lion valent parfois mieux que mille discours.