F1 : la FIA veut rééquilibrer les moteurs en faveur du thermique dès 2027

La Formule 1 pourrait tourner une page controversée plus tôt que prévu.

La Fédération internationale de l’automobile a annoncé vendredi avoir trouvé un accord « de principe » pour revoir en profondeur le règlement moteur contesté, en redonnant la priorité à la puissance thermique sur l’électrique dès la saison 2027. Un virage technique majeur, qui intervient après plusieurs mois de tensions au sein du paddock.

Un rééquilibrage de 50 kilowatts dans chaque sens

Le dispositif envisagé est précis : augmenter de 50 kilowatts la puissance délivrée par le moteur à combustion interne, tout en réduisant de 50 kilowatts celle du système de déploiement électrique. En clair, la parité 50/50 imposée cette saison entre les deux sources d’énergie serait abandonnée au profit d’une architecture davantage ancrée dans la tradition thermique de la discipline reine du sport automobile.

Ces mesures doivent encore être affinées et soumises au vote du conseil mondial des sports mécaniques avant d’entrer en vigueur. Mais le signal envoyé par l’instance parisienne est sans ambiguïté : la FIA entend répondre aux critiques qui ont émergé dès les premiers tours de roues de la saison.

Une motorisation qui a fracturé le paddock

Depuis les essais hivernaux et les quatre premiers Grands Prix de la saison 2026, la nouvelle motorisation hybride a généré une onde de choc dans les coulisses de la F1. La gestion complexe de la batterie — notamment lors des phases de dépassement et de recharge par freinage — a radicalement modifié les sensations au volant et redistribué les hiérarchies.

Parmi les voix les plus critiques, celle de Max Verstappen domine. Le quadruple champion du monde néerlandais, actuellement relégué au septième rang du classement pilotes, n’a pas mâché ses mots : pour lui, cette F1 ressemble à de la « Formule E sous stéroïdes », voire au jeu vidéo Mario Kart. Il est même allé jusqu’à menacer de quitter la discipline, une sortie qui a fait l’effet d’une bombe dans un sport où le Néerlandais est l’une des figures centrales.

Des ajustements déjà appliqués à Miami

Face à la gronde générale, la FIA n’a pas attendu 2027 pour agir. Fin avril, elle avait déjà annoncé une version « ajustée » du règlement, appliquée dès le Grand Prix de Miami (1er-3 mai), pour atténuer les effets les plus perturbants de l’hybridation en qualification et en course. Une première réponse jugée encourageante par certaines écuries.

Mercedes et McLaren, toutes deux propulsées par le même bloc moteur allemand, avaient accueilli ces évolutions comme « un pas positif dans la bonne direction ». Un satisfecit mesuré, mais qui témoigne d’une volonté partagée de stabiliser un règlement qui a déstabilisé l’ensemble de la grille.

Un dialogue ouvert tout au long de la saison

La FIA a tenu à souligner que les propositions présentées vendredi sont le fruit de semaines de concertation entre l’instance, les écuries et les pilotes eux-mêmes. Elle s’est également engagée à poursuivre les discussions et ajustements tout au long de la saison 2026, laissant entendre que ce chantier technique est loin d’être clos.

Une chose est certaine : la F1 ne peut pas se permettre que ses stars continuent de comparer ses monoplaces à des karts de jeu vidéo.