À seulement 22 ans, Paul Magnier a frappé fort pour lancer sa 109e édition du Tour d’Italie. Le sprinteur de Soudal Quick-Step s’est imposé vendredi en Bulgarie, sur les terres inédites du Giro, pour décrocher sa toute première victoire dans un grand Tour.
Sur le Boulevard Demokratsia de Burgas, légèrement ascendant vers la ligne, le Français a surgi au bon moment pour devancer le Danois Tobias Lund Andresen et le Britannique Ethan Vernon dans un sprint réduit à une poignée de coureurs. La faute à une chute massive survenue à 600 mètres de l’arrivée, qui a fauché plusieurs prétendants à la victoire, dont Dylan Groenewegen et Kaden Groves. L’Italien Jonathan Milan, dauphin au classement des sprinteurs lors du dernier Tour de France, a lui sauvé les meubles en prenant la quatrième place.
Côté classement général, Jonas Vingegaard, grand favori à la victoire finale, a navigué sans encombre au sein du peloton, solidement protégé par ses équipiers. Pas de risque inutile pour le Danois, qui joue la prudence en ces premiers kilomètres bulgares.
Pour Magnier, cette victoire revêt une saveur particulière. Natif du Texas et élevé dans le cyclisme français, il devient le premier coureur tricolore à endosser la tunique rose depuis Bruno Armirail en 2023. Après une saison 2025 déjà prolifique — 19 succès, deuxième total mondial derrière Tadej Pogacar — il aborde ce Giro avec un esprit de revanche. Sa première participation à l’épreuve italienne l’an passé avait tourné court, et ses classiques printanières cette année n’avaient pas tenu toutes leurs promesses malgré un début de saison flamboyant (deux étapes au Tour de l’Algarve).
Préparé en altitude dans la Sierra Nevada, il savoure aujourd’hui les fruits de ce travail. « Battre de si bons sprinteurs ici me rend vraiment heureux », a-t-il confié à l’arrivée, le sourire aux lèvres.
Il devra défendre son maillot rose dès dimanche lors de la deuxième étape, entre Burgas et Veliko Tarnovo — un parcours bien plus accidenté, qui s’annonce redoutable pour les hommes rapides.

