Le CIO lève les sanctions contre les athlètes bélarusses, les Russes toujours exclus

C’est un tournant symbolique dans l’histoire récente du sport mondial. Quatre ans après le début de l’invasion de l’Ukraine, le Comité International Olympique a annoncé ce jeudi 7 mai 2026 la fin des restrictions imposées aux sportifs bélarusses.

Hymne national, drapeau, sports collectifs : ils retrouvent tous leurs droits sur la scène internationale. Les athlètes russes, eux, restent bannis sans calendrier de retour annoncé.


Un revirement historique pour le Bélarus

Réunie à Lausanne, la commission exécutive du CIO a tranché : elle «ne recommande désormais plus aucune restriction» à la participation des sportifs bélarusses dans les compétitions internationales. Une décision qui met fin à quatre années de sanctions nées de la complicité de Minsk dans l’invasion russe — le territoire bélarusse ayant servi de base arrière aux troupes de Moscou en février 2022.

Pour justifier ce revirement, l’instance dirigeante du sport mondial s’est appuyée sur un principe fondateur : le destin d’un athlète «ne doit pas être conditionné par les actions de son gouvernement, y compris son implication dans une guerre». Une formule volontairement large, qui ouvre autant qu’elle interroge.

Concrètement, ce changement de cap devrait permettre aux sportifs bélarusses de participer aux Jeux olympiques d’été de Los Angeles en 2028, ainsi qu’aux JO de la jeunesse d’hiver de Dolomiti Valtellina, avec présence à la cérémonie d’ouverture et représentation au tableau des médailles. Les qualifications débutent dès cet été.

Lors des deux dernières éditions olympiques — Paris 2024 et Milan Cortina en février dernier — les Bélarusses concouraient sous bannière neutre aux côtés des Russes. Ils n’étaient que 17 à Paris et 7 en Italie. Le Comité olympique bélarusse a salué «la position équilibrée» de la présidente du CIO, Kirsty Coventry.


Les Russes, dans une attente indéfinie

La distinction opérée entre les deux pays n’est pas anodine. Le CIO rappelle que le Comité olympique russe est suspendu depuis l’automne 2023, après avoir placé sous son autorité les fédérations sportives de quatre régions ukrainiennes occupées. À cela s’ajoutent de nouvelles inquiétudes concernant l’intégrité du système antidopage russe.

Interrogée sur un éventuel retour des Russes, Kirsty Coventry a été claire : «Nous n’avons pas de calendrier précis.» La demande de réintégration formulée par le ROC est entre les mains de la commission juridique du CIO, dont le rapport devra encore passer devant la commission exécutive avant toute décision.


Une cohérence mise en doute

Si le CIO avance sur le dossier bélarusse, il reste exposé aux critiques sur son traitement inégal des conflits. Plusieurs voix lui reprochent régulièrement de fermer les yeux sur l’offensive israélienne à Gaza, les opérations américaines au Venezuela ou l’attaque américano-israélienne du Liban. La ligne «neutralité du sport» défendue par Coventry — convaincante sur le papier — peine à s’imposer face aux réalités géopolitiques d’un monde en guerre.

En attendant, le sport bélarusse retrouve ses couleurs. Et le dossier russe, lui, continue de flotter dans un entre-deux diplomatique sans horizon visible.