ASSE : entraînements à huis clos au Chaudron, Saint-Étienne entre en mode bunker avant Amiens

Il y a des semaines qui ressemblent à des ultimatums. Celle qui s’ouvre à Saint-Étienne en est clairement une.

Après trois défaites consécutives qui ont ébranlé les certitudes d’un club qui croyait tenir sa montée, l’AS Saint-Étienne a tiré le rideau. Depuis le 4 mai et jusqu’au soir du match contre Amiens samedi 10 mai, les entraînements au Stade Geoffroy-Guichard sont fermés au public. Huis clos total sur le Chaudron. Concentration maximale. Le message est aussi limpide que l’enjeu est immense.

Bunker vert avant le match de la dernière chance

Ce n’est pas une décision anodine. En choisissant de verrouiller ses séances d’entraînement pour toute la semaine, le staff stéphanois envoie un signal fort : Saint-Étienne ne peut plus se permettre le moindre parasitage, qu’il vienne de la pression extérieure ou de fuites tactiques avant un match qui pourrait décider de son avenir en première division. Car le calendrier, lui, ne ment pas : troisièmes en Ligue 2 avec seulement deux points de retard sur Le Mans, deuxième synonyme de montée directe, les Verts savent que chaque point perdu désormais rapproche dangereusement les barrages — et tout ce qu’ils impliquent d’incertitude.

Le choix du huis clos n’est pas une punition. C’est une coupure volontaire, presque monacale, entre le groupe et le bruit du monde extérieur. Une façon de recréer du liant dans un vestiaire secoué par une série noire, de reconstruire les automatismes et de retrouver, loin des caméras et des regards, les fondations d’un collectif.

Un club habitué aux ambiances sous tension

L’ironie de la situation, c’est que Saint-Étienne connaît bien les huis clos — mais plutôt sous leur forme disciplinaire. Cette saison, le club a accumulé les sanctions partielles sur ses tribunes en raison d’incidents pyrotechniques et de chants problématiques : le Kop Sud a été fermé deux matchs consécutifs après les rencontres contre Nancy en novembre 2025 et Bastia en décembre. En mars 2026, le spectre de 13 matchs de suspension planait encore sur les virages stéphanois. Une situation absurde pour un club dont l’affluence moyenne dépasse les 30 900 spectateurs par match — l’une des plus élevées de Ligue 2, toutes saisons confondues.

Mais ce samedi-là, le Chaudron sera ouvert. Les guichets sont accessibles, les tribunes seront garnies, et la ferveur — intacte malgré les turbulences — devrait offrir aux Verts un soutien populaire à la hauteur de l’enjeu. L’objectif affiché : une affluence record pour pousser l’équipe vers la Ligue 1.

Révolte collective et retour d’un symbole

Il reste pourtant des zones d’ombre. Patrick Guillou n’a pas mâché ses mots en critiquant publiquement le « manque de révolte collective » affiché lors des dernières sorties. Une pique qui fait mal, mais qui dit aussi ce qu’on attend de ce groupe : non pas un plan tactique brillant, mais des tripes, de l’orgueil, une identité.

Bonne nouvelle dans ce tableau sombre : le retour de Julien Le Cardinal insuffle un regain d’énergie dans l’effectif. Un visage familier, un symbole de continuité dans la tempête.

Le Chaudron sera fermé toute la semaine pour que l’ASSE puisse mieux s’y rouvrir samedi. Dans le football, les grands matchs se préparent souvent dans le silence. Celui d’Amiens n’échappera pas à la règle.