À la veille du match retour de la demi-finale de Ligue des Champions contre Arsenal à Londres, Diego Simeone a exigé un changement d’hôtel. Raison officielle avancée par le technicien argentin : l’économie. La vraie, tout le monde la connaît.
Le contexte est connu de tous les suiveurs de l’Atlético Madrid. En octobre dernier, lors du match aller de cette demi-finale de Ligue des Champions, les Colchoneros avaient posé leurs valises au Marriott de Regent’s Park. Le bilan de ce séjour londonien ? Une gifle 4-0 infligée par les Gunners d’Arsenal, l’une des plus lourdes défaites européennes de Simeone sur le banc madrilène. Alors, à l’heure de préparer le match retour, le technicien argentin n’a pas laissé le moindre doute : il fallait changer d’adresse. L’Atlético a donc troqué le Marriott de Regent’s Park contre le Courthouse Hotel, établissement situé dans l’est de Londres. Un déménagement symbolique qui, en coulisses, n’a surpris personne tant Simeone est réputé pour ses rituels et son attention portée aux détails, aussi infimes soient-ils.
Interrogé en conférence de presse sur cette décision et sur une possible superstition, Diego Simeone n’a pas perdu une seconde sa légendaire capacité à désamorcer une situation avec une réplique bien sentie. « Nous sommes meilleurs qu’en octobre. Et l’hôtel est moins cher. C’est pour ça qu’on a changé. » La salle de presse a éclaté de rire, les journalistes anglais en tête, et la séquence a rapidement circulé sur les réseaux sociaux. En une phrase, l’Argentin avait tout réglé : balayé la question de la superstition, esquivé toute pression psychologique liée au souvenir douloureux du 4-0, et rappelé au passage que son équipe n’est plus la même que celle humiliée à l’aller. Du Simeone pur jus.
Car derrière l’humour et le flegme affiché, le message sportif est bien réel. L’Atlético Madrid se présente à l’Emirates Stadium — ou plutôt à Londres — dans une configuration radicalement différente de l’automne dernier. L’équipe a progressé, le collectif s’est consolidé, et Simeone a affiné ses plans au fil des mois. Changer d’hôtel, c’est peut-être aussi changer d’état d’esprit, rompre avec le souvenir d’une soirée cauchemardesque et ancrer le groupe dans une dynamique nouvelle. Superstition ou pragmatisme assumé, peu importe : si l’Atlético passe en finale, personne ne se moquera du choix du Courthouse Hotel. Et Simeone sera le premier à s’en souvenir.

