Quand Pavel Sulc a posé ses valises à l’Olympique Lyonnais l’été dernier, il n’est pas venu seulement avec ses crampons. Il est arrivé avec une exigence précise, un culot certain — et une proposition qu’il était difficile de refuser.
L’attaquant tchèque de 25 ans voulait le numéro 10. Pas n’importe quel numéro à Lyon : celui qu’Alexandre Lacazette a porté avec panache, celui que les supporters associent aux joueurs qui comptent vraiment. La direction rhodanienne a d’abord freiné des quatre fers, craignant la réaction d’un public attaché à cette tunique et incertain de la capacité du nouveau venu à en assumer le poids symbolique.
Sulc n’a pas reculé. Il a négocié, argumenté, et finalement lâché une formule aussi simple qu’imparable : « Si je ne suis pas assez bon, je rends mon numéro l’été prochain. » Le club a cédé. Le reste appartient désormais à la saison en cours.
Avec 11 buts en 25 matchs de Ligue 1, le Tchèque a largement tenu sa promesse. Polyvalent, percutant, décisif, il s’est imposé comme l’un des éléments les plus importants du projet lyonnais — et a transformé ce qui ressemblait à un pari risqué en évidence collective.
Le numéro 10 ne sera pas rendu. À Lyon, Sulc ne succède plus à Lacazette. Il existe par lui-même.

