C’est un Habib Beye brisé et sans filtre qui a pris la parole après la déroute de l’Olympique de Marseille à Nantes (3-0), ce samedi lors de la 32e journée de Ligue 1. Une humiliation qui pourrait sonner définitivement le glas des ambitions européennes du club phocéen.
Tout s’est effondré en huit minutes au retour des vestiaires. Après une première période tenue à bout de bras par Jeffrey De Lange, l’OM a encaissé trois buts en seulement huit minutes face à une équipe nantaise en grande difficulté. Le technicien franco-sénégalais n’a pas mâché ses mots : «On était vides. On n’a pas été capables de donner quoi que ce soit», avant d’asséner : «J’aurais pu sortir 90% de mon équipe à la mi-temps.» Sur la Ligue des Champions, objectif affiché de la saison, le verdict est tout aussi sévère : «Cette place est très éloignée de ce qu’on produit. On ne peut pas espérer y aller avec une telle production.»
Le discours de protection qu’il tenait ces dernières semaines a volé en éclats : «Cette fois, je ne pouvais pas les protéger. Sinon je passais pour un menteur.» Interrogé sur une éventuelle démission, Beye a été catégorique — «Jamais je ne démissionnerai» — tout en admettant sa part de responsabilité : «Quand vous êtes coach de l’OM, vous devez gagner. Aujourd’hui, je ne l’ai pas été.»
Avec 53 points au compteur, Marseille n’a plus son destin en main et doit espérer des faux pas conjugués de Lyon et Lille ce dimanche pour rester mathématiquement dans la course. Une fin de saison sous haute tension sur la Canebière, et un avenir sur le banc qui ne tient plus qu’à un fil.

