Ronaldo recadre la Saudi Pro League : « C’est du football, pas la guerre »

À 41 ans, Cristiano Ronaldo est toujours là où on ne l’attend plus — sur le terrain, au tableau des buteurs, et désormais au cœur d’une polémique qui dépasse largement Al-Nassr.

La victoire qui fâche

Mercredi soir, Al-Nassr s’impose 2-0 face à Al-Ahli. Un résultat net, une performance propre. Et pourtant, à peine le coup de sifflet final retenti, les accusations reprennent de plus belle. Merih Demiral, défenseur central, ne mâche pas ses mots : « Al-Nassr a besoin d’aide pour atteindre ses objectifs. C’est une honte ! » Le fond du reproche est connu depuis plusieurs semaines : des joueurs du championnat saoudien accusent la ligue de favoriser le club de Riyad — et donc son attaquant vedette — pour lui offrir un premier titre en Saudi Pro League sur un plateau.

Ronaldo, lui, a attendu le bon moment pour répondre. Ce moment, c’était mercredi.

La sortie du silence

Face aux micros après la rencontre, CR7 — qui inscrit au passage le 970e but de sa carrière — choisit la voie de l’autorité, pas celle de la provocation. Le ton est mesuré, mais le message est clair : « Je pense que ce n’est pas bon pour le championnat. Tout le monde se plaint. Tout le monde fait plus que ce qu’il devrait faire. C’est du football, ce n’est pas la guerre. »

Il va plus loin. Ce qui semble l’agacer, c’est moins la compétition que ses à-côtés : les posts Instagram, les sorties médiatiques, les complaintes publiques contre les arbitres et la Ligue. « Je vois beaucoup de mauvaises choses, poursuit-il. Beaucoup de joueurs se plaignent, font des posts sur Instagram, Facebook. Ils parlent des arbitres, de la Ligue, du projet. Ce n’est pas l’objectif du championnat. » Et d’envoyer un message à toute l’Arabie Saoudite du football : « On doit donner l’exemple, pas seulement ici, mais vis-à-vis de l’Europe que nous voulons concurrencer. On veut être l’un des meilleurs championnats du monde. »

Un discours de capitaine. Ou de président.

Le titre en ligne de mire

Sur le plan sportif, la situation d’Al-Nassr est limpide. À quatre journées de la fin, le club de Riyad trône en tête avec huit points d’avance sur Al-Hilal et treize sur Al-Ahli — qui a certes un match en retard, mais qui vient de perdre ce mercredi soir. Sauf effondrement improbable, le titre est là, à portée de main.

Ce serait une première pour Ronaldo en Saudi Pro League. Depuis son arrivée en 2023, son palmarès saoudien se limite à une Coupe arabe des clubs champions. Pour un joueur qui a tout gagné — Liga, Premier League, Serie A, Ligue des Champions, Ballon d’Or —, l’absence de titre national en Arabie saoudite était devenue le symbole encombrant d’une aventure dorée mais sportivement décevante.

Une promesse pour la fin de saison

Ronaldo l’a dit lui-même : il n’a pas encore tout dit. « J’aurai le temps d’en parler à la fin de la saison. » Une promesse — ou une menace, selon le camp où l’on se place. Quand le Portugais promet de s’exprimer, ce n’est jamais anodin.

En attendant, le message envoyé mercredi soir est celui d’un homme qui refuse de laisser la polémique lui voler son titre. Ronaldo veut gagner sur le terrain — et uniquement sur le terrain. Quitte à rappeler à l’ordre, seul contre tous, un championnat entier.

À 41 ans, certains réflexes ne se perdent pas.