Privé de cinq joueurs dont Stassin et Davitashvili pour le sprint final, Saint-Étienne joue sa montée en Ligue 1 avec un effectif squelettique. Et l’histoire, cruelle, semble se répéter.
Il y a des coïncidences qui font froid dans le dos. La saison dernière, la blessure aux ischios-jambiers de Lucas Stassin dans le money time du championnat avait privé l’ASSE de son meilleur buteur sur les trois derniers matchs de Ligue 1 — et précipité la relégation. En ce printemps 2025, le même joueur, au même endroit anatomique, au même moment de la saison, est à nouveau hors course. Le destin de Sainté aurait pu choisir un autre scénario. Il n’en a rien fait.
Stassin, Davitashvili : les deux poumons offensifs en miettes
Recrue phare de l’intersaison à dix millions d’euros en provenance de Westerlo, Lucas Stassin avait porté l’attaque stéphanoise sur ses épaules tout au long de l’exercice, s’imposant comme le meilleur buteur de l’effectif. Sa blessure aux ischios, contractée avant même le déplacement contre Troyes, le prive des deux derniers matchs de saison régulière — Rodez le 2 mai et Amiens le 9 mai. Un coup dur. Un coup de massue, même, quand on connaît le contexte.
À cela s’ajoute la sortie sur blessure de Zuriko Davitashvili, dès la 16e minute de ce même match contre Troyes (défaite 0-3), victime d’un tacle brutal du défenseur Monfray sur sa cheville. L’IRM a confirmé ce que tout le monde redoutait : environ deux semaines d’indisponibilité. Le Géorgien, l’un des joueurs les plus déstabilisants du championnat dans sa capacité à éliminer en dribble et à créer des brèches, est lui aussi forfait pour le sprint final. Seul espoir : le revoir en cas de barrage — ce scénario que l’ASSE fait tout pour éviter.
Une hécatombe à cinq joueurs
Mais le tableau est encore plus sombre. Car Stassin et Davitashvili ne sont pas les seuls absents. Ils s’ajoutent à une liste déjà interminable : Paul Eymard, fracture du tibia, fin de saison ; Nadir El Jamali, opéré et en rééducation ; Mahmoud Jaber, touché aux adducteurs ; Julien Le Cardinal, lésion musculaire délicate ; Florian Tardieu, problème au mollet. Cinq joueurs confirmés hors course, dans des secteurs névralgiques du terrain.
Le bilan est brutal. En attaque, Philippe Montanier doit composer sans ses deux premiers choix. En défense, l’absence conjuguée de Le Cardinal et d’El Jamali oblige le staff à improviser en charnière centrale, avec des options comme Chico Lamba ou Maxence Bernauer aux côtés de Mickaël Nadé. Ce n’est pas l’équipe que Sainté avait imaginée pour ce moment.
Rodez, vendredi : l’obligation de gagner
Et pourtant, l’obligation est là, entière, sans négociation possible. L’ASSE doit gagner à Rodez vendredi pour espérer revenir sur Le Mans, qui pointe à un point devant au classement. Un déplacement chez une équipe solide à domicile, avec un effectif réduit à sa plus simple expression. Le contexte n’autorise aucune approximation, alors que les circonstances n’ont jamais été aussi défavorables.
Le spectre de la saison précédente n’est pas une métaphore. C’est une réalité qui s’infiltre dans chaque couloir de Sainté, dans chaque conférence de presse, dans chaque regard échangé entre supporters. L’histoire a une mémoire longue à Saint-Étienne — et elle se rappelle à eux au pire moment.
Si l’ASSE manque la montée directe et doit passer par les barrages avec un effectif aussi diminué, le danger sera maximal. Le club le sait. Les joueurs le savent. Et quelque part, l’impressionnant sens du drame de ce club mythique semble, lui aussi, ne pas avoir changé.
Bilan médical établi sur la base des informations disponibles avant le déplacement à Rodez


