ASSE : faire comme Roger Federer, la métaphore audacieuse de Montanier…

Il y a des conférences de presse qui passent inaperçues. Et puis il y a celles qui restent. Jeudi, à la veille d’un match qui ressemble à une finale, Philippe Montanier n’est pas venu parler de tactique, de statistiques ou d’adversaire. Il est venu parler de Roger Federer. Et c’est peut-être la chose la plus intelligente qu’il ait dite depuis son arrivée sur le banc de l’AS Saint-Étienne.

Le contexte mérite d’être rappelé. Le 18 avril, les Verts se font humilier par le dernier de Ligue 2, le Sporting Club de Bastia : 0-2, sans réaction, sans orgueil, avec une attitude que le consultant Patrick Guillou a résumée d’un mot cinglant — les tongs. Une défaite honteuse, à trois journées de la fin, alors que la montée en Ligue 1 se joue dans un mouchoir de poche avec Troyes et Le Mans.

Montanier a été clair dès les premières minutes de sa conférence de presse : la défaite à Bastia n’existe plus. Le staff n’a même pas organisé de retour vidéo sur la rencontre avec le groupe. Tourner la page, aller de l’avant, ne pas se morfondre. Message reçu. Mais le coach stéphanois est allé plus loin — beaucoup plus loin — pour illustrer sa philosophie du rebond.

La leçon de Federer : 80% de matchs gagnés, 54% de points gagnés

La citation la plus marquante de cette conférence de presse est venue d’ailleurs que du football. Montanier a évoqué une vidéo de Roger Federer dans une université américaine pour illustrer sa philosophie du moment.

Le raisonnement est aussi simple que bouleversant. Federer a gagné 80% de ses matchs en carrière, mais dans ces matchs, il n’a remporté que 54% des points. Et sa conclusion, répétée comme un mantra : quand vous ratez la balle, quand vous faites une mauvaise action, le truc le plus important, c’est le prochain point.

Autrement dit : l’excellence n’est pas l’absence d’erreur. C’est la capacité à ne pas laisser l’erreur contaminer la suite. C’est repartir à zéro, point après point, match après match, sans se laisser écraser par ce qui vient de se passer.

Montanier a appliqué cette philosophie directement à la situation stéphanoise : quel que soit ce qu’on ait fait dans le passé, le plus important c’est le prochain.

Un discours qui arrive au bon moment

Ce soir, à Geoffroy-Guichard, dans un Chaudron à guichets fermés, l’ASSE reçoit Troyes, leader de Ligue 2. Un match qui vaut tout — la montée, le titre, l’honneur retrouvé après la honte corse. Et c’est avec la philosophie d’un tennisman retraité dans la tête que les joueurs verts vont fouler leur pelouse.

Repartir à zéro est ce qu’il y a de plus dur à chaque fois, reconnaît Montanier lui-même. Mais ce samedi soir, sous les fumigènes et les drapeaux verts, l’ASSE n’a pas d’autre choix. Le prochain point, c’est maintenant.