Il y a des bonnes nouvelles qui arrivent sans crier gare. Pour l’Olympique de Marseille et son propriétaire Frank McCourt, les prochaines semaines pourraient s’accompagner d’un virement inattendu — et pourtant bien réel — de près de 4 millions d’euros.
Pas un transfert, pas une vente de joueur, pas une opération de marché savamment orchestrée cet été. Juste le fruit d’une clause négociée discrètement, il y a plusieurs saisons, lors du départ d’un milieu de terrain aujourd’hui oublié de beaucoup : Azzedine Ounahi.
Une mécanique contractuelle bien rodée
Ounahi, c’est cette recrue marocaine propulsée sous les projecteurs après une Coupe du monde 2022 époustouflante. L’OM avait misé sur lui, avant de concéder, en 2024, que l’aventure marseillaise ne décollait pas vraiment. Direction Gérone, club espagnol ambitieux, pour une transaction jugée alors modeste. Mais dans les coulisses de ce départ, les dirigeants marseillais ont pris soin d’insérer une clause de revente — ou sell-on clause dans le jargon du football business — prévoyant qu’en cas de future transaction du joueur, l’OM percevrait entre 20 et 30 % de la plus-value générée.
La mécanique est simple, mais son effet peut être dévastateur pour un budget sous tension : si Gérone cède Ounahi à hauteur de 20 millions d’euros, Marseille empoche mécaniquement environ 4 millions d’euros, sans négociation supplémentaire, sans agent à payer, sans effort de scouting. L’argent tombe, presque automatiquement.
Une aubaine pour McCourt au meilleur moment
Le timing de cette rentrée d’argent n’est pas anodin. L’OM évolue dans un contexte financier où chaque ligne budgétaire compte. La qualification européenne du club, si elle représente un prestige indéniable, génère aussi son lot de surcoûts : primes de résultats, hausses de masse salariale, dépenses logistiques. Dans ce paysage, 4 millions d’euros tombés d’un contrat vieux de plus d’un an, c’est un tampon bienvenu, une respiration dans les comptes.
Pour McCourt, habitué à défendre ses choix de gestion devant une opinion marseillaise souvent virulente, ce bonus silencieux illustre une réalité moins spectaculaire mais tout aussi stratégique que les grandes signatures estivales : la qualité du travail contractuel en coulisses. Négocier intelligemment les départs, c’est aussi sécuriser les revenus futurs.
Ounahi, personnage secondaire d’une histoire financière
Ironiquement, Azzedine Ounahi lui-même est presque anecdotique dans cette affaire. C’est son potentiel transfert depuis Gérone — vers un club qui reste à confirmer — qui actionne la clause. Le joueur continue sa carrière, peut-être sans même réaliser qu’un pourcentage de sa valeur marchande appartient encore, contractuellement, à son ancien employeur.
C’est la beauté froide et pragmatique du football moderne : un joueur part, mais une partie de sa valeur future reste. Et pour l’OM, aujourd’hui, cette réalité vaut 4 millions d’euros. Pas de bruit, pas de conférence de presse. Juste une clause bien rédigée, et un virement qui arrive.

