Deux mois et demi après un incident qui avait glacé le Stade de la Luz, l’UEFA a rendu son verdict.
Gianluca Prestianni, ailier argentin de Benfica âgé de 20 ans, écope d’une suspension de six matchs — dont trois avec sursis — pour les propos discriminatoires tenus à l’encontre de Vinicius Junior lors du barrage aller de Ligue des Champions disputé le 17 février dernier.
Une soirée européenne vite tournée au chaos
Ce soir-là, la confrontation entre Benfica et le Real Madrid (défaite 0-1) avait basculé dans la polémique. Accusé d’avoir insulté l’international brésilien en couvrant sa bouche de son maillot, Prestianni avait provoqué une interruption de dix minutes. Les images, largement relayées, avaient alimenté une vive controverse sur le racisme dans le football européen, poussant l’UEFA à ouvrir immédiatement une procédure disciplinaire.
Homophobie retenue, racisme écarté
Le cœur du dossier résidait dans la nature exacte des mots prononcés. L’instance européenne a finalement retenu une «conduite discriminatoire à caractère homophobe», rejetant explicitement la qualification d’injure raciste. Une distinction capitale, qui valide en grande partie la version défendue par le joueur depuis le début de l’affaire.
Prestianni avait toujours nié catégoriquement avoir traité Vinicius Junior de «singe». Dans une interview accordée début avril à la chaîne argentine Mi Telefe, il confiait : «Ce qui m’a le plus fait souffrir, c’est d’être accusé de quelque chose que je n’ai jamais fait.» Le milieu français du Real Madrid, Aurélien Tchouaméni, avait apporté un éclairage troublant : selon lui, l’Argentin aurait reconnu sur le terrain avoir utilisé un terme homophobe plutôt que racial. L’UEFA, en suivant cette piste, valide donc la ligne de défense de Prestianni — sans pour autant l’exonérer de toute faute.
Deux matchs fermes encore à purger
Sur le plan sportif, la sanction s’avère plus légère qu’initialement redouté. Prestianni ayant déjà été suspendu lors du match retour contre Madrid, il lui reste deux rencontres de suspension ferme à effectuer. Les trois matchs avec sursis resteront suspendus au-dessus de sa tête comme un avertissement sévère pour la suite de sa carrière européenne.
Pour Benfica, le feuilleton judiciaire se referme enfin — mais la question des discriminations dans les stades du Vieux Continent, elle, reste plus que jamais ouverte.

