Dans un Jean-Bouin électrisé, Louis Carbonel a offert samedi une victoire de guerrier au Stade Français, d’une pénalité inscrite trois minutes après la sirène finale.
Les Soldats roses l’ont emporté 34-32 face à la Section Paloise, au terme d’un match à rebondissements multiples qui restera longtemps dans les mémoires. Résultat : Paris remonte provisoirement sur le podium du Top 14, à deux longueurs de Pau, qui reste dauphin du Stade Toulousain.
Un début de cauchemar pour les Parisiens
Tout avait pourtant mal débuté pour les hommes de la capitale. Le forfait de dernière minute de Léo Barré, meilleur marqueur de la saison avec neuf essais, a d’emblée plongé le staff parisien dans l’embarras. C’est le jeune Mathis Ibo, 21 ans, qui l’a remplacé à l’arrière pour seulement sa troisième apparition en Top 14 cette saison. Et le gamin n’a pas tardé à payer son manque d’expérience, offrant malencontreusement le premier essai aux Béarnais dès la 7e minute, sur une sortie de touche approximative conclue par le talonneur argentin Montoya.
La suite a viré au scénario catastrophe. En l’espace de deux minutes, les cartons jaunes d’Auradou (15e) puis de Montoya (17e) ont laissé le Stade Français à treize contre quinze pendant huit longues minutes. Loin de s’effondrer, Pau en a profité pour grapiller six points supplémentaires via deux pénalités de leur métronome anglais Joe Simmonds. L’essai de l’arrière australien Jack Maddocks (32e), consécutif à un ballon perdu par Carbonel, a achevé de creuser l’écart. À la mi-temps, les Béarnais menaient 18-10, bien installés dans leur match.
Le réveil des Soldats roses
Le vestiaire parisien a visiblement remis les pendules à l’heure. Dès la reprise, le talonneur Nicotera a planté un essai en force (44e), relançant une rencontre que l’on croyait pliée. Le centre sud-africain Jeremy Ward a ensuite remis les deux équipes à égalité (59e), transformant ce match en véritable combat de boxe — la métaphore est de Morgan Parra, l’entraîneur adjoint parisien, au micro de Canal+.
Pau a pourtant tenu bon, répondant coup pour coup. Le superbe solo de Gailleton (53e) et la régularité chirurgicale de Simmonds, auteur de cinq pénalités dans la soirée, ont maintenu les Béarnais dans la course jusqu’aux dernières secondes. Un vrai bras de fer, même privés de leur capitaine Beka Gorgadze (sorti dès la 10e) et de l’international Théo Attissogbe (33e).
Carbonel, le sauveur aux nerfs d’acier
Il fallait un homme providentiel. Ce fut Louis Carbonel. Face aux poteaux, sous une pression maximale, le demi d’ouverture parisien a transformé une pénalité trois minutes après la sirène, achevant une défense béarnaise épuisée par la puissance des avants du Stade Français. Une froide exécution qui rappelle son coup de pied décisif face à La Rochelle en début de saison (26-24, 6e journée).
Repassé meilleur réalisateur du Top 14, Carbonel incarne à lui seul la résilience de ce Stade Français ambitieux. Avec 63 points au compteur, Paris est bien dans la course aux phases finales, même si la soirée du samedi — avec le choc Bordeaux-Montpellier — pourrait encore rebattre les cartes du classement.

