La route vers les JO est encore longue
Vendredi 16 septembre 2011 - 15:47
Eliminée par la Serbie en quarts de finale, sans à en avoir honte, la France de Philippe Blain a trouvé des motifs d'encouragement dans son Euro de volley, mais il va lui falloir continuer à grandir, et rapidement, si elle veut prendre le train de Londres pour les JO-2012.
Un quart de finale perdu sans honte
La France, vice-championne d'Europe en titre, a été éliminée par la Serbie 3 sets à 1 (32-30, 25-20, 23-25, 26-24) en quart de finale de l'Euro 2011 messieurs de volley, jeudi à Vienne. Les Bleus, avec une équipe largement remaniée par rapport à celle de 2009, ont réussi leur meilleur match de l'Euro. Mais cela s'est révélé insuffisant pour venir à bout des Serbes, médaillés de bronze au Mondial 2010. Après un début bien peu convaincant dans cet Euro, ils ont fourni une prestation très encourageante face aux Serbes. Mais leurs assauts se sont brisés sur la défense d'une équipe un peu plus complète et mature.
Un contrat rempli
Après la 11e place du Mondial-2010, la 12e place de la
Ligue mondiale, la France retrouve, en se hissant parmi les huit meilleures équipes européennes, un rang plus conforme à ses ambitions et son potentiel. Et qui permettra peut-être d'enclencher une spirale vertueuse pour une équipe largement renouvelée par rapport à celle médaillée d'argent à l'Euro-2009.
Un groupe uni
Oubliées les fâcheries du Mondial-2010, où les rapports entre jeunes et anciens n'avaient pas toujours été au beau fixe. A l'Euro, les Bleus n'ont laissé percevoir aucune tension entre eux. Les départs à la retraite de
Stéphane Antiga, Hubert Henno et
Oliver Kieffer ont obligé chacun à se responsabiliser, et libéré la parole au sein du groupe. Le sélectionneur
Philippe Blain, très marqué l'an passé par son altercation avec
Earvin Ngapeth, a aussi veillé à plus communiquer avec ses joueurs.
Ngapeth, retour d'un leader
Rappelé cet été, après avoir été suspendu pendant la Ligue mondiale, une sanction infligée pour son comportement au Mondial-2010, l'ex-Tourangeau s'est rendu indispensable. A 20 ans, il a tenu à bout de bras l'équipe en phase de poules. Et bien que très surveillé par les Serbes en quarts, il n'a pas cédé à la pression et a rendu une copie très propre. Considéré depuis toujours comme un immense talent, il a donné du corps à ce jugement. L'équipe n'a pas d'avenir sans lui. Son comportement sur le terrain et en dehors a fait l'unanimité.
Un problème de régularité
Cela reste le point noir : les Bleus n'ont pas vraiment progressé au niveau de la régularité. Leur capacité de concentration contre des adversaires présumés inférieurs est à améliorer. Et au cours d'un même match, leur niveau de jeu tient trop des montagnes russes.
"Quand on aura de la régularité tout au long d'un match, on pourra aller chercher les grandes nations", résume le pointu
Antonin Rouzier, lui-même pas toujours à son top sur cet Euro.
Un banc un peu court
Un six titulaire s'est dégagé autour de Pierre Pujol à la passe, Rouzier en pointe, Ngapeth et Samuele Tuia aux ailes, José Trèfle et Romain Vadeleux au centre, avec Jean-François Exiga en libéro. Les jeunes Benjamin Toniutti à la passe et Jenia Grebennikov au poste de libéro sont des alternatives crédibles, mais les autres remplaçants ne se sont pas montrés à leur avantage. Nicolas Maréchal a déçu à l'aile et Gérald Hardy-Dessources est passé au travers de son Euro. Le retour à son meilleur niveau de Guillaume Samica, écarté pour méforme avant l'Euro, est à souhaiter.
Parcours du combattant jusqu'aux J0
La qualification pour les JO sera difficile à obtenir. La France devra sortir d'un tournoi pré-qualificatif pour aller au Tournoi européen de qualification, regroupant huit équipes, qui aura lieu en Bulgarie en mai. Une seule équipe sera qualifiée à l'issue de celui-ci. Les Bleus pourraient avoir une deuxième chance par le biais des Tournois mondiaux de qualification, en juin. La Fédération européenne (CEV) disposera de deux invitations pour ces tournois, à distribuer en fonction du classement mondial.
