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Eliès a été éjecté du bateau
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Eliès a été éjecté du bateau

Vendredi 26 décembre 2008 - 14:29imprimer cet articleenvoyer cet articlediminuer la taille du texteAgrandir le texte

Yann Eliès, le skippeur de Generali, a été éjecté du bateau lors de son accident le 18 décembre, s'est agrippé par une main au balcon et a réussi à remonter à bord malgré son fémur fracturé, a raconté vendredi le concurrent du Vendée Globe pour la première fois.


Yann Elies, toujours à l'hôpital de Perth, en Australie, a livré son récit par téléphone à son équipe. Attaché par le harnais qui lie les solitaires à leurs bateaux, le marin était tout à fait à l'avant pour envoyer une voile lorsque l'accident est survenu. "Les conditions me paraissaient maniables, mais j'ai dû mal les juger car alors que j'étais en bout d'étrave, le bateau est parti en survitesse", a-t-il dit: "Je n'ai pas eu le temps de me dégager de ma position et le bateau a planté violemment dans une vague à 20 noeuds (37 km/h) de vitesse".

"J'ai été éjecté, et à l'impact, ma jambe a cédé. A partir de là, j'ai un trou noir!", a-t-il poursuivi: "Je crois que je suis resté agrippé au balcon par la main gauche (...) Dans ces cas là, on trouve des ressources insoupçonnées. Dans la douleur, j'ai réussi à repasser le balcon et la filière et à me laisser tomber sur le pont. De là, je me suis traîné jusqu'au cockpit et jusqu'à ma bannette. Je me suis déshabillé pour voir l'état de ma jambe et l'attente a commencé."

"Dans cet élan de survie instinctif", analyse le Dr Jean-Yves Chauve, médecin de la course, "l'être fonctionne dans une demi-conscience, avec des automatismes dont la pertinence étonnera plus tard".

La souffrance, explique-t-il, est momentanément tenue à l'écart grâce aux endorphines, une morphine naturelle sécrétée à doses infinitésimales au sein même des centres cérébraux de la douleur. "Celle-ci se transforme en un engourdissement, en une sensation de cuisson brûlante beaucoup plus supportable".

Yann Elies l'a confirmé, la plus grande souffrance sera pour plus tard. Pendant les 36 heures passées à attendre les secours de la marine australienne. L'un des principaux soutiens du blessé, à ce moment-là, sera la présence à côté de son Generali du Safran de Marc Guillemot. Les deux hommes communiqueront par radio. "L'arrivée de Marc Guillemot, particulièrement quand je l'ai vu de mes yeux par le hublot, m'a considérablement regonflé le moral. J'ai retrouvé un semblant d'énergie et de motivation pour tenter de récupérer des médicaments et de la boisson. Millimètres par millimètres, avec d'infinies précautions, j'ai pu mettre la main sur des médicaments anti-douleur, et sur une canette de soda."

Pour le docteur Chauve, le fait d'être confronté régulièrement à des situations périlleuses a évidemment aidé Yann Eliès à mieux réagir. Mais, souligne-t-il, "cette histoire est un magnifique exemple d'optimisme et d'énergie positive pour surpasser l'adversité et aller au-delà de ce qu'on pensait être ses limites".



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