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Les glaces ont continué lundi de hanter l'équipage du maxi trimaran Banque Populaire V parti à la conquête du Trophée Jules Verne, l'obligeant à ralentir le voilier dans le sud du Pacifique pour limiter les risques de collision.
Véritables mines flottantes, ces "growlers" sont des morceaux d'icebergs pouvant atteindre plusieurs tonnes et dérivant entre deux eaux, invisibles au radar. Percuter l'un d'entre eux signifierait au minimum une avarie grave (voie d'eau, dérive ou safran arraché). Au pire la perte du bateau. Dimanche soir, Loïck Peyron et ses treize hommes d'équipage en ont aperçu un, se faisant une belle frayeur. L'équipage du grand (40 m) trimaran a immédiatement réduit la voilure pour se ménager le meilleur champ de vision possible.
"Nous sommes sous grand voile haute et gennaker après une petite nuit sous allure réduite pour naviguer avec prudence au milieu des icebergs", a expliqué Thierry Duprey du Vorsent, barreur/régleur sur le multicoque géant. "Nous en avons vu pas mal hier et cette nuit (nuit de dimanche à lundi, NDLR) sur le radar."
"On a même vu notre premier growler à la tombée de la nuit", a-t-il ajouté. "On s'est vraiment fait surprendre par cette rencontre. On savait qu'on avait un iceberg à 10 milles et on pensait être tranquille."
"Du coup, on a roulé la voile d'avant pour avoir une meilleure visibilité et nous avons redoublé de veille", a poursuivi Duprey du Vorsent. "Les nuits sont assez courtes et dans ces circonstances, c'est plutôt bien. On était tous un peu impatients de voir ces fameux icebergs, mais maintenant ça commence à durer et c'est un peu stressant, surtout avec ce growler que nous avons croisé cette nuit. Mais d'ici 200 à 300 milles, on devrait être sorti de la zone."
Lundi à 18h00, Peyron et ses équipiers comptaient 950 milles d'avance sur le tableau de marche de Franck Cammas, après un peu plus de 27 jours de mer.



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