Transat Jacques Vabre : c'est parti !
Mercredi 2 novembre 2011 - 18:41
Après 74 heures d'attente au Havre (Seine-Maritime) pour cause de météo hostile, les 35 concurrents de la 10e Transat (en double) Jacques Vabre (TJV) ont mis le cap mercredi sur le Costa Rica, sur une ou sur trois coques.
Sous un ciel nuageux, propulsés par un vent de sud-est de 20 à 25 noeuds, les bateaux -des monocoques (16 Class 40 de 12,18 mètres, 13 Imoca de 18,28 mètres) et des trimarans (6 Multi 50 de 15,24 mètres)- sont partis au portant à 15h00 précises vers la bouée Général Metzinger située à 4 milles de la ligne de départ.
En Imoca, le duo Kito de Pavant/Yann Régniau (Groupe Bel) a pris le meilleur départ, devant Vincent Riou/Hughes Destremau (PRB) et Marc Guillemot/Yann Eliès (Safran). En Multi 50, Erwan Le Roux/Didier Le Vourch (Fenêtre Cardinal) ont été les plus prompts, comme Yannick Bestaven/Eric Drouglazet (Aquarelle.com) en Class 40.
A terre, plusieurs centaines de personnes sétaient donné rendez-vous sur le cap de la Hève et sur la plage pour assister au spectacle des bateaux lancés à pleine vitesse sous gennaker.
Première nuit de course difficile
Les concurrents sont désormais partis pour un grand "tout droit" en Manche, sur un bord (bâbord amure, le vent venant de la gauche) à grande vitesse. Dans la soirée, à la pointe du Cotentin, les conditions vont se durcir avec le passage dun front générant des rafales de 35 à 40 noeuds, beaucoup de pluie et une forte mer de face. La première nuit de course ne sera pas une sinécure!
"'Jai hâte de sortir de la Manche (...) pour entrer dans la course océanique, avait déclaré Arnaud Boissières, skipper du 60 pieds "Akena Vérandas", peu avant le départ.
Nous allons être dans le vif du sujet rapidement. Cest une véritable mise en bouche de ce qui nous attend par la suite. La première nuit va être dure avec des rafales à plus de 40 noeuds".
Du brutal, donc, mais rien à voir avec la
"petite bombe météo", quasi infranchissable, qui serait tombée sur les concurrents à l'ouest de l'Irlande si le départ avait eu lieu dimanche comme prévu.
Les premiers attendus le 16 ou 17 novembre
Selon la direction de course, les concurrents les plus rapides -monocoques Imoca et trimarans Multi 50- devraient arriver le 16 ou le 17 novembre à Puerto Limon.
Les monocoques parcourront 4730 milles (8514 km) en passant au coeur de l'arc antillais pour rejoindre Puerto Limon au plus vite. Les multis, plus rapides, devront contourner les îles antillaises de Saint-Barthélémy et La Barbade avant de piquer sur le Costa Rica, soit 5323 milles (9581 km) de route théorique.
Lors de la dernière édition, en 2009,
Marc Guillemot (associé à Charles Caudrelier) avait gagné en Imoca en 15 jours 19 heures et 22 minutes. Guillemot est reparti avec le même bateau (Safran) et
Yann Eliès comme co-pilote.
En Multi 50, la victoire était revenue au tandem français Franck-Yves Escoffier/Erwan Leroux (Crêpes Whaou), arrivé quatre heures avant Safran (15 jours 15 heures 31 minutes). Escoffier a remis ça lui aussi, associé cette fois à
Antoine Koch. C'est d'ailleurs cet équipage qui a, sans surprise, été le premier à franchir la bouée Général Metzinger, suivis par trois autres trimarans.
Le départ de la TJV avait été reporté dimanche, une tempête qualifiée d'
"historique" menaçant de frapper la flotte dès mardi à l'ouest de l'Irlande.
Ce très gros mauvais temps est "une véritable petite bombe, une tempête à laquelle ils (les coureurs) n'auraient pu échapper, avait confirmé Cyrille Duchesne, un spécialiste de Météo Consult. Ce n'était pas contournable".
La décision de reporter le départ avait été saluée par la plupart des concurrents.
