Qui sont Dick et Beyou ?

Voile / Transat Jacques Vabre

Qui sont Dick et Beyou ?

Qui sont Dick et Beyou ?

Vendredi 18 novembre 2011 - 18:20

Les Français Jean-Pierre Dick et Jérémie Beyou ont remporté vendredi à Puerto Limon (Costa Rica) la 10e édition de la Transat Jacques Vabre. Portrait.

Jean-Pierre Dick est un personnage atypique dans le monde de la voile, le prototype même du gentleman skipper.

"Super agréable, hyper attachant, bon camarade, dur au mal, opiniâtre et excellent barreur", dit de lui Beyou, ajoutant qu'"il vaut mieux l'avoir avec soi que contre soi". Nul doute que nombre de ses adversaires partageront ce point de vue.

Agé de 46 ans -il est né le 8 octobre 1965 à Nice (Alpes-Maritimes)-, Dick vit à Larmor-Plage (Morbihan) avec sa compagne et leur fils Ewenn. Vendredi, il a encore enrichi un palmarès déjà fourni, qui fait de lui l'un des coureurs océaniques français les plus expérimentés et respectés.

Sa carte de visite compte désormais trois victoires dans la Transat Jacques Vabre -après celles de 2003 (avec Nicolas Abiven) et 2005 (avec Loïck Peyron)-, deux dans la Barcelona World Race -2008 (avec l'Irlandais Damian Foxhall) et 2011 (avec Loïck Peyron)-, un titre de champion du monde Imoca (2011)...

Tous ces succès ont été obtenus en double, et il lui manque aujourd'hui une victoire dans une grande course en solitaire comme le Vendée Globe, son prochain objectif en 2012. En 2004-2005, une première tentative s'était soldée par une honorable 6e place.

Grand, blond, très sportif (il adore nager), Dick est vétérinaire de formation. Diplômé du 3e cycle d'HEC, il aurait aisément pu reprendre les commandes de l'entreprise familiale spécialisée dans la santé animale, Virbac, dont sa voile arbore le nom.

L'amour de la mer et de la course l'ont pourtant emporté et, après avoir tâté de régates de moindre importance, il gagne le Tour de France à la voile en 2001, la première d'une longue série de victoires en équipage ou en double.

Aujourd'hui, il dispose de l'une des équipes les plus performantes du circuit Imoca, mélange de rigueur anglo-saxonne et de créativité latine.

A bord, le plus britannique des skippers français ne se départit jamais d'une extrême courtoisie et, s'il ne se livre pas facilement, il peut aussi laisser échapper une certaine fragilité. Comme la veille de son arrivée victorieuse à Puerto Limon, où, joint au téléphone depuis Paris, il confiait son émotion à l'idée de naviguer à proximité d'une île du Honduras où son père a trouvé la mort il y a 20 ans.

En 2012, il mettra l'accent sur la préparation du Vendée Globe, le tour du monde en solitaire et sans escale, son rêve absolu.

Il quittera ensuite le monde des monocoques Imoca pour celui des multicoques, avec le lancement au printemps 2013 d'un trimaran océanique MOD 70 (21,20 m), pour régater autour du monde en équipage.

Septième MOD 70 dans le carnet de commandes et quatrième à battre pavillon français, Virbac-Paprec 70 viendra rejoindre une flotte qui compte déjà ceux de Roland Jourdain (Véolia Environnement), Michel Desjoyeaux (Foncia) et Sébastien Josse (Groupe Edmond de Rothschild).


Jérémie Beyou est un marin perfectionniste, discret et polyvalent. Agé de 35 ans, domicilié à Lorient (Morbihan), marié et père de deux enfants, Beyou possède désormais un solide palmarès, avec notamment deux victoires dans la Solitaire du Figaro en 2005 et 2011.

Cette victoire dans la Transat en double de référence confirme son statut d'espoir français de la course au large et, s'il y a une justice, devrait lui permettre de trouver un budget pour courir un autre Vendée Globe, après celui de 2008-2009, abandonné à la suite d'une avarie.

D'un tempérament plutôt taiseux, Beyou a découvert la voile avec ses parents en baie de Morlaix (Finistère), où roches et courants abondent.

Il suit la filière classique (Optimist, Moth Europe) et affiche très vite un goût prononcé pour la régate en solitaire. A 18 ans, il monte sur le podium du championnat de France Espoirs en dériveur et rejoint léquipe de France.

En 1997, à 20 ans, il participe pour la première fois à la Solitaire du Figaro et termine 23e.

2002 est une étape majeure, avec un titre de champion de France de course au large en solitaire. Trois ans plus tard, il réalise ce quaucun autre skipper navait signé avant lui, la victoire dans toutes les épreuves en solo auxquelles il participe, avec à la clef un nouveau titre de champion de France.

La même année, en 2005, il s'impose également en multicoque et devient champion du monde Orma (trimarans de 60 pieds/18,28 mètres) avec Banque Populaire. A 29 ans, il est devenu est une référence de la course au large, tous supports confondus. Le talent à l'état pur.

En 2006, il met à leau le monocoque Imoca (18,28 m) Delta Dore. Dès 2007, il prend la 2e place de la Calais Round Britain Race et du record SNSM.

En novembre 2008, il s'aligne au départ du Vendée Globe, la course autour du monde en solo et sans escale, Graal de tous les solitaires. Une avarie le contraint à l'abandon au Brésil.

Objectif Vendée Globe 2012

En 2009, il participe à nouveau à la Solitaire du Figaro et, en dépit d'une préparation minimale, remporte deux des quatre étapes. Dans la foulée, il court la Transat Jacques Vabre avec Michel Desjoyeaux sur Foncia puis enchaîne sur une campagne de records sur le maxi-trimaran Banque Populaire V (40 mètres) avec Pascal Bidégorry.

Dans un entretien récent avec l'AFP, Beyou espérait qu'un bon résultat dans la Transat Jacques Vabre l'aiderait à trouver un budget pour le prochain Vendée Globe, dont le départ sera donné en novembre 2012. En ce qui le concerne, contrat rempli...

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