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Ellen MacArthur, "Les pieds sur terre"

Ellen MacArthur, "Les pieds sur terre"

Jeudi 17 mars 2011 - 12:43

La navigatrice britannique Ellen MacArthur, détentrice du record du tour du monde en solitaire en 2005, a, depuis un an, mis le cap sur une "autre" gestion des ressources pour sauver la planète, comme elle l'explique dans son dernier livre "Les pieds sur terre" qui vient de sortir en France.

"Quand j'étais sur le bateau, je savais que mes ressources étaient limitées", raconte-t-elle à l'AFP. Et lors de son périple record en 2005 (71 jours, 14 heures, 18 minutes et 33 secondes), elle dit avoir découvert "que pour la Terre c'est pareil, les ressources ne sont pas illimitées".

Après quatre années de réflexion, la décision est prise, elle quitte la compétition à 33 ans en 2009 pour se consacrer à la défense de l'environnement et la lutte contre le cancer. Un an plus tard elle crée la fondation Ellen MacArthur pour faire la promotion de l'économie circulaire, un concept de gestion des ressources qui va bien au-delà du simple recyclage et promeut le développement de nouveaux systèmes de production en circuits fermés.

"J'ai commencé un nouveau voyage avec la fondation et le but a toujours été d'être de plus en plus efficace et d'utiliser moins de ressources", explique-t-elle.

Son ouvrage cite plusieurs exemples, comme le pot de confiture qui, au lieu d'être soumis à une longue chaîne de récupération et recyclage pour devenir un nouveau pot de confiture, devrait pouvoir être simplement stérilisé et à nouveau rempli de confiture.

Le sac plastique, s'il était fait de matière biodégradable pourrait servir d'engrais dans l'agriculture, un peu comme les feuilles mortes des arbres ne sont pas des déchets mais permettent à d'autres plantes de pousser, rappelle-t-elle.

"L'exemple que j'adore, c'est la machine à laver", poursuit la navigatrice aux yeux bleus pétillant d'enthousiasme, qui s'exprime avec aisance en français.

L'intérêt financier du fabriquant aujourd'hui est de vendre le plus de machines possible qui risquent de finir en décharge. Mais dans l'économie circulaire on pourrait "louer des machines ou acheter 3.000 lavages dans une machine qui resterait la propriété du fournisseur, et en fin de vie de la machine, c'est le fournisseur qui propose un nouveau modèle produit avec des éléments récupérés sur les vieilles machines."

"C'est un défi énorme, l'idée de l'économie circulaire est dure à mettre en place, cela prendra 50 ou 100 ans, je ne sais pas... Mais cela donne une autre valeur aux matériaux recyclés et réutilisés" notamment quand on voit l'emballement des prix du cuivre, fait remarquer la navigatrice.

Sa fondation, qui vise en priorité les jeunes générations impliquées dans de nombreuses actions, travaille en partenariat avec British Telecom, Cisco, Renault et B&Q, l'équivalent de Castorama en France.

"Ces sociétés sont loin d'être durables" mais elles ont intégré une dimension développement durable dans leurs opérations de recherches, selon la navigatrice.

Largement inspirée de la Fondation Nicolas Hulot, Ellen MacArthur n'envisage pas, a priori, de carrière politique.

"Mais personne ne sait ce que l'avenir réserve, j'adore ce que je fais maintenant malgré le fait que la décision de quitter la voile a été la plus dure de ma vie, mais c'était la bonne".

("Les Pieds sur Terre" par Ellen MacArthur - Editions Glénat, 403 pages, 22 euros)

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