Coville dans les temps
Lundi 31 janvier 2011 - 19:32
Thomas Coville, lancé à la poursuite du record du tour du monde en solitaire, passe la latitude de Lisbonne et se trouve dans le nord de Madère, avec une cinquantaine de milles d'avance sur le temps de référence.
Avec déjà plus de 1.000 milles dans le sillage depuis son départ de Brest, Thomas Coville et son trimaran géant Sodebo (32 mètres de long) progressaient à plus de 20 noeuds grâce à un vent de nord-est.
Au cours d'une vacation radio, le skipper breton a confié que la mer n'était pas facile et que les pilotes automatiques n'empêchaient pas le bateau de faire quelques embardées sauvages. Rien d'aussi spectaculaire toutefois selon lui avec celles vécues au départ, au large de l'île d'Ouessant, et lors des premières 24 heures. "De l'extérieur, c'est sûrement très impressionnant, a-t-il raconté. Cela ne prévient pas franchement, il faut être aux aguets (...). Le bateau pivote, l'angle au vent est mauvais et cela emporte la plateforme avec la vitesse. Il faut réagir vite (...). Vous avez eu un 'planté' (ndlr: les étraves du trimaran plongent dans la vague et manquent de le faire culbuter) à Ouessant, mais dans l'après-midi de samedi, j'en ai fait deux ou trois comme ça dont un encore plus impressionnant: le bateau est parti sur le côté et est monté vraiment très haut".
Coville a affirmé n'avoir "pas vu le temps passer" au cours des deux derniers jours. "La première nuit, a-t-il dit, j'aurais pu allumer le feu dans le poêle tant il faisait froid... et il y avait le feu dehors. Sortir du Golfe de Gascogne est toujours compliqué". La situation était plus clémente lundi, a-t-il noté, ajoutant qu'il avait même eu droit à "un lever de soleil superbe avec un thé en terrasse". "Il faut profiter de ces conditions de navigations parfaites, a-t-il poursuivi. J'ai tout dessus, gennaker, trinquette (focs, voiles d'avant) et grand-voile haute".
"Dans cette première phase du voyage, a encore déclaré Coville, tu distilles les émotions du départ. J'ai des 'flash-back', je revois des visages à Brest... Là, je ne vais plus voir un seul visage pendant 57 jours. Malgré tout, j'adore partir pour me consacrer à une unique passion, c'est un beau symbole de liberté".
Pour battre le record de 57 jours, 13 heures, 34 minutes et 06 secondes, établi par Francis Joyon en janvier 2008, Coville devra être de retour à Ouessant avant le 28 mars à 04 heures, 40 minutes et 34 secondes GMT (05 heures, 40 minutes et 34 secondes heure française).