Marin mondialement connu cherche équipiers talentueux au sens collectif affirmé et "bien bâtis" pour participer à la Coupe de l'America: cette semaine à Quiberon, l'Energy Team de Loïck Peyron a commencé ses recherches afin de constituer son équipe pour 2013.
Le navigateur sourit, mais il acquiesce. C'est "à peu près" l'annonce que Loïck, le cadet des frangins -Bruno est lui à la tête de la partie managériale du projet- aurait pu diffuser en amont de cette semaine faite d'entraînements et de duels farouches, face aux meilleurs matches-racers de France.
Si ce n'est que "les candidatures spontanées ne manquent pas", sans parler du propre réseau des deux marins, à l'origine d'un projet qui doit les amener dans la baie de San Francisco à l'été 2013.
"J'avais bien en tête certains noms, tout comme eux m'avaient bien en tête, explique Loïck à l'AFP. Malheureusement, ils ne sont pas assez lourds!"
Car la constitution d'un équipage en vue de la Coupe de l'America débute par un casse-tête de poids, dans tous les sens du terme.
"En gros, la moyenne de poids des marins embarqués doit être équivalente à 87,5 kg par personne. Et nous voulons arriver au plus près du maximum autorisé, pour une question de stabilité du bateau et parce qu'il y aura du vent dans la baie de San Francisco, et donc, un grand besoin de muscles", explique celui qui, en parallèle, est dans les starting-blocks pour le Trophée Jules Verne.
Dans cet autre cadre, aux commandes du Maxi Banque Populaire V, Loïc Peyron avait choisi de conserver l'équipage monté par Pascal Bidégorry, auquel il a succédé. "Ca aurait été une erreur de ne pas les garder, parce qu'ils connaissent par coeur un bateau sur lequel ils ont plus navigué que moi", confie-t-il.
"Pas d'urgence"
Impossible de faire la même chose pour la Coupe de l'America puisque tout, ou presque, est à créer avec l'Energy Team.
A l'école nationale de voile de Quiberon, Loïck Peyron et Yann Guichard (skippeur remplaçant) ont ainsi pu combiner entraînement et repérage de talents face aux meilleurs matches-racers français, emmenés par Pierre-Antoine Morvan.
Pendant cinq jours, Peyron, Guichard et Morvan se sont relayés à la barre de catamarans, deux fois plus petits que les AC45 utilisés lors des AC World Series, régates préliminaires à la Cup.
Mais que recherchaient-il exactement: de bons marins ou des hommes bons ? "Les deux bien sûr ! J'ai toujours dit qu'un bon marin, c'est quelqu'un qui ne sait pas faire que du bateau", lance Peyron, observant du coin de l'oeil ces marins qui procèdent au dégréement des petits "catas".
"Nous avons vu juste, se réjouit-il. Mais nous avons beaucoup de garçons à voir et il n'y a pas d'urgence particulière. Les garçons intéressés ou intéressants sont d'ailleurs déjà souvent en train de naviguer sur d'autres projets", avance-t-il.
Du reste, d'autres semaines de repérages auront lieu jusqu'à la mise à l'eau du bateau appelé à croiser le fer avec les Team New Zealand et autre Oracle. Il sera là "à la fin de l'année 2012", et c'est à cette échéance que la composition de l'équipage sera figée.
"Nous serons onze sur le bateau, mais il y aura en plus des remplaçants. L'idéal serait d'avoir 22 marins car nous n'excluons pas de disposer d'un deuxième bateau".
"On aimerait aussi que la langue utilisée sur le bateau soit le français. Mais on ne s'interdit pas d'avoir recours à des étrangers. Nous voulons mettre en place quelque chose de pérenne", souligne Peyron.
Avec plus de 150 ans d'existence, c'est bien ce que mérite la Coupe de l'America, plus vieille épreuve sportive au monde.





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