Les leçons de Cascais

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Les leçons de Cascais

Les leçons de Cascais

Mardi 16 août 2011 - 11:50

Les America's Cup World Series de Cascais, au Portugal, confirment la supériorité des équipes néo-zélandaise et américaines, mais elles permettent aussi de dégager des enseignements pour la Cup de 2013 à San Francisco.

Les catamarans AC45 utilisés pour ces régates préfigurant celles de la Coupe de l'America sont extraordinairement physiques. Mesurant 13,45 mètres de long, propulsés (principalement) par une aile de 85 mètres carrés, ces machines dépassent les 30 noeuds, exigeant de l'équipage une attention extrême et des muscles, beaucoup de muscles. Parce que les régates sont courtes (20 ou 40 minutes), les virements de bord sont nombreux. Le barreur et les quatre équipiers passent leur temps à mouliner les winches pour régler aile, focs et gennaker (voiles d'avant). Pas une seconde pour souffler.

Des bateaux pour trentenaires polymusclés

A ce jeu, il vaut mieux être jeune. Deuxième leçon : les AC45 sont des bateaux pour trentenaires polymusclés et, comme par hasard, les skippers qui ont le plus impressionné à Cascais ont moins de 40 ans. Vainqueur des courses en flotte, le Néo-Zélandais Dean Barker (Emirates Team New Zealand) a 38 ans; le roi du match race (duels), l'Australien James Spithill (Oracle Racing) 32; la révélation britannique Chris Draper (Team Korea) 33; le nouveau venu Slovène Vasilij Zbogar (Green Comm Racing) 35.

Troisième leçon, les America's Cup World Series devraient vite enterrer les Extreme Sailing Series. Celles-ci se disputent également sur des catamarans, un peu plus petits (12,20 mètres de longueur) et plus classiques (pas d'aile rigide), les Extreme 40. Le succès des premières régates d'AC45 ne laisse guère d'espoir aux Extreme 40, qui apparaissent déjà comme des voiliers du passé. Dans ces conditions, on voit mal pourquoi des parraineurs continueraient à mettre de l'argent sur des bateaux qui vont inévitablement perdre en exposition médiatique.

Quatrième leçon, Néo-Zélandais et Américains sont au-dessus du lot. Les Suédois d'Artemis un cran en dessous. Ces trois équipes naviguent sur leurs AC45 depuis plusieurs mois et ça se voit: coordination parfaite de l'équipage, manoeuvres très propres. Mais le talent et l'enthousiasme de deux équipes aux petits moyens -Team Korea et Green Comm Racing- ont impressionné. Toutes deux n'avaient navigué que quelques jours avant le début des régates mais ça ne les pas empêchées de "claquer" de bons résultats. Comme l'élimination par Team Korea du prodige néo-zélandais Russell Coutts, quadruple vainqueur de la Coupe de l'America et skipper de l'un des deux voiliers américains d'Oracle Racing en quart de finale du match-race.

Le pseudo avantage des Français, de l'histoire ancienne

Cinquième leçon, le pseudo avantage dont bénéficieraient les Français dans le domaine des multicoques relève de l'histoire ancienne. Parce que les AC45 des ACWS n'ont rien à voir avec des trimarans océaniques et que les équipiers qui ont marqué les esprits à Cascais viennent de la voile olympique, pas de la course au large. De l'avis général, les Français sont toujours devant sur le plan architectural... mais (déjà) loin derrière sur le plan sportif. Energy Team (Loïck Peyron) termine 6e (sur 9) des épreuves de match race, 8e des régates en flotte; Aleph (Bertrand Pacé/Alain Gautier) 8e du match race, 6e des régates en flotte.

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