Marc Guillemot se positionne au mieux pour franchir dans les deux prochains jours un obstacle redoutable : le Pot au Noir. Au classement de 11 heures, le skipper de Safran pointait toujours en 15e position, à 332 milles du leader Loïck Peyron.
Pour franchir cette zone où l'alizé du nord-est engendré par l'anticyclone des Açores entre en conflit avec celui du sud-est en raison de l'anticyclone de Sainte-Hélène, les marins du Vendée Globe n’ont finalement guère le choix. Le point de passage obligé semble se situer entre 27 et 28° de longitude Ouest. C'est là où le Pot au Noir apparaît le moins actif et surtout le moins étendu en distance. "Je passe beaucoup de temps à examiner les images satellites récupérées toutes les heures sur internet. Elles seules peuvent permettre une vraie observation de la zone. Il ne faut surtout pas se fier aux fichiers de vent dans les parages, avec eux, tu vas droit à l'erreur", indique Marc Guillemot, à bord de Safran.
Comme Jean Le Cam, leader au classement lundi soir mais aujourd’hui 6e au classement général, le skipper de Safran a été obligé de se recaler sur une route plus ouest pour rejoindre la longitude voulue. Ce qui implique de céder un temps du terrain puisque le bord vers l'ouest se trouve loin de la route directe. "Au niveau du Cap Vert, si j'étais allé tout droit sur la route directe, j'allais au carton, explique Marc Guillemot. Ce scénario n'était même pas envisageable. Avant l'archipel, j'ai regardé si je pouvais passer encore plus vers l'est, tout près de l'Afrique, mais le risque était bien trop important. Si ça marche, c'est le jackpot, mais l'incertitude était vraiment trop grande. Le coup n'était tout simplement pas jouable alors j'ai décidé de la jouer classique, sur une route plus certaine, plus sûre".
Si le navigateur était un peu surpris que la tête de flotte ne soit pas plus ralentie aujourd'hui, il se doute bien que ce passage ne lui permettra pas de réduire de manière conséquente son écart avec la tête de flotte. "En mer, Il faut savoir être patient. Si les écarts restent identiques à la sortie du Pot au Noir, je me sens tout à fait capable de revenir d'ici le Cap Horn. Safran est un super bateau, il faudra bien être à la manœuvre et je suis prêt à cela". Côté confort, tout va pour le mieux pour le skipper de Safran. Quant à l'alimentation, tout se passe là aussi parfaitement. "On va arriver à la fin de la première quinzaine et mon premier sac de nourriture sera vide comme prévu. Dimanche prochain, j'aurai déjà gagné 25 kg".


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