Alinghi, défenseur suisse de la
Coupe de l'America, a réaffirmé vendredi que les voiles de son catamaran pour la 33e "Cup" avaient bien été fabriquées en Suisse, contrairement à ce qu'affirme son challengeur américain, Oracle.
Dans des documents transmis à la Cour Suprême de l'Etat de New York, en réponse à une plainte américaine, les Suisses ont par ailleurs contre-attaqué en affirmant qu'Oracle allait utiliser un "bateau de conception française" pour leur duel en multicoques prévu à partir du 8 février à Valence (est).
Les concurrents de la prestigieuse épreuve de voile sont tenus de respecter une règle de "nationalité" selon laquelle les bateaux doivent être "construits dans le pays" des clubs de voiles qui les représentent.
Oracle estime que les voiles d'Alinghi ont en fait été fabriquées dans le Nevada aux Etats-Unis par la firme North Sails et sont donc "illégales".
Mais selon Alinghi, cette règle de "nationalité" prévue par le "Deed of Gift", document fondateur de l'épreuve, ne s'applique qu'au "bateau" lui-même et non à ses voiles.
En outre, les voiles d'Alinghi 5 ont bien été "fabriquées en Suisse", souligne le défenseur, s'appuyant sur une déclaration sous serment de Tom Whidden, président de North Sails.
Alinghi ajoute dans une "contre-requête" au tribunal que si ce dernier admettait l'interprétation d'Oracle pour les voiles, le bateau américain pourrait alors être considéré comme "illégal".
Le trimaran géant américain est "en vérité un bateau de conception française et non américaine et comporte plusieurs éléments qui n'ont pas été construits aux Etats-Unis", selon Alinghi.
Les Suisses précisent, citant l'architecte naval anglais Nigel Irens (qui travaille pour Alinghi), que le voilier USA 17 est "une extrapolation ou une adaptation d'autres plans actuels du cabinet français VPLP (Van Peteghem-Lauriot Prevost)", qui a conçu ce bateau.
Il n'est pas sûr que la Cour Suprême se prononce avant le 8 février sur ce nouveau litige, ce qui laisse dans l'incertitude l'organisation et les résultats du duel.