"J'étais sur mon nuage"

Voile / Route du Rhum

"J'étais sur mon nuage"

Lundi 6 novembre 2006 - 15:08

Après les premières explosions de joie, Lionel Lemonchois s'est plié à l'exercice obligé de la conférence de presse. Il revient sur sa course à bord de son trimaran Gitana 11.

-Quel est votre premier sentiment?
- C'est comme dans un rêve. Je suis dans un rêve, je suis dans un rêve... Pendant toute la course, le bateau a été magique. Il a répondu parfaitement à tout ce que je lui demandais, on a formé un tandem formidable. Et je vais finir par croire que je sais faire du bateau !

- Entre la route directe théorique et celle que vous avez empruntée, il n'y a que 255 milles de plus parcourus. C'est très peu...
- On a eu des conditions exceptionnelles qui permettaient de rester presque en permanence très près de l'orthodromie (la route théorique la plus courte, ndlr), des conditions de vent portant qui se prêtaient à faire un temps. Mais je n'ai pas pensé au record, juste à la course et à gagner.

- Avez-vous craint la casse à cause de la vitesse ?
- On s'habitue à la vitesse. Quand le bateau naviguait au-dessous de 25 noeuds j'avais l'impression de me traîner... et en même temps Gitana 11 ne m'a jamais stressé. Depuis que je l'ai pris en main pour naviguer sur ce bateau en solitaire, en juin, je me suis senti tout de suite en confiance. Même à 35 noeuds sous pilote automatique, je n'ai eu à aucun moment la sensation que c'était trop ou qu'on se mettait en danger. Honnêtement, je ne me suis fait une petite frayeur qu'une seule fois, dans la bascule derrière le front au début. C'est la seule fois où j'ai tout choqué en grand, mais c'était de ma faute, pas celle du bateau.

- Un mot sur votre relation avec le bateau et votre équipe restée à terre ?
- Il y a eu une espèce d'osmose, tout se passait parfaitement bien, je n'ai jamais senti de faiblesse, jamais fait d'erreur de manoeuvres, tout se déroulait parfaitement, c'est incroyable. Je n'avais jamais ressenti ça à ce point-là, sauf peut-être lors du tour du monde sur Orange. Même quand je dormais j'avais l'impression d'être conscient, c'est une sensation assez bizarre. Et mes routeurs Yann Guichard et Sylvain Mondon ont fait un travail formidable, ils étaient la tête et moi les bras. Ensemble, on a réussi à rester toujours sous le vent des autres et au portant, sous le vent, c'est devant.

- Votre victoire est saluée par tous. Quel est votre sentiment ?
- C'est fort, ça c'est fort. Pardon, je suis un peu ému... Je les en remercie.

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