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La Tchèque Petra Kvitova, qui n'avait jamais disputé de finale dans un tournoi du Grand Chelem, a créé la surprise en remportant Wimbledon aux dépens de la Russe Maria Sharapova dans une finale maîtrisée en deux sets 6-3, 6-4, avec une étonnante maturité.
A l'exception de la finale de Roland-Garros 2010 (Francesca Schiavone face à Samantha Stosur), où il y avait deux novices en finale, il fallait remonter sept ans en arrière pour trouver trace d'une joueuse qui remporte un Grand Chelem dès sa première apparition en finale. La liste des victimes était longue : Ana Ivanovic (Roland-Garros 2007), Marion Bartoli (Wimbledon 2007), Dinara Safina (Roland-Garros 2008), Jelena Jankovic (US Open 2008), Caroline Wozniacki (US Open 2009) et Vera Zvonareva (Wimbledon 2010) n'ont pas même gagné un set, avant que Li Na n'en chipe un à Kim Clijsters à l'Open d'Australie cette année. Petra Kvitova, elle, n'a pas été saisie par la peur au moment d'entrer sur le célèbre Central pour sa première finale. Breakée d'entrée, elle s'est immédiatement ressaisie pour prendre à son tour l'engagement de la Russe. Elle a nettement dominé le reste du match au service et dans l'échange avec son gros coup droit.
Tête de série N.8, la nouvelle championne n'est pas une inconnue. L'an passé, elle avait déjà atteint le dernier carré à Londres, alors qu'elle n'était que 62e mondiale. Sa percée a été confirmée cette saison par trois titres à Brisbane, Paris-Coubertin et Madrid, qui lui ont permis d'entrer dans le Top 10.
Kvitova fait partie d'une nouvelle génération de joueuses qui partagent plus d'une caractéristique. Comme la Danoise Caroline Wozniacki, N.1 mondiale, et la Bélarusse Victoria Azarenka (N.4), qu'elle a battue en demi-finale, la Tchèque est grande (1,83 m), dotée d'un gros service et d'un grand coup droit frappé le plus souvent à plat et d'un solide revers à deux mains.
La grande différence avec ses concurrentes du même âge, systématiquement décevantes en Grand Chelem, est que Kvitova a su s'engouffrer dans la brèche laissée ouverte par la sortie précoce des soeurs Williams pour devenir la plus jeune championne de Wimbledon depuis Sharapova (17 ans en 2004).
Cet échec est une grosse déception pour Sharapova, qui retrouvait la finale sept ans après la victoire qui l'avait révélée. Le titre lui semblait promis depuis l'élimination des Williams, d'autant qu'elle avait fait forte impression en se qualifiant pour la finale sans perdre un set. Mais la Russe trouvera facilement des raisons de se consoler. Elle reviendra dans le Top 5 mondial lundi, pour la première fois depuis l'opération à l'épaule qui avait mis sa carrière en danger fin 2008.


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