Une championne affranchie
Samedi 4 juin 2011 - 19:25
C'est en s'affranchissant d'un système exigeant pour voler de ses propres ailes que Li Na s'est forgée un caractère bien trempée. A 29 ans, elle entre dans l'histoire du tennis en devenant la première joueuse asiatique à remporter un tournoi du Grand Chelem.
Depuis plusieurs saisons, elle fait voler en éclat la caricature du sportif d'Etat chinois dressé pour gagner sans sourire ni émotion. Elle n'est pourtant pas venue au tennis par choix mais parce que, à l'âge de neuf ans, son entraîneur de badminton estimait qu'elle n'était pas assez bonne avec la raquette et le volant. "Il m'a dit : tu devrais te mettre au tennis, raconte la nouvelle lauréate de Roland Garros. Alors quand m'a famille m'a dit de changer de sport, je me suis dit : mais pourquoi personne ne me demande mon avis ?"
A l'époque n'était pas très populaire en Chine. Vingt ans plus tard, elle ne regrette plus ce changement de trajectoire mais ce ne fut pas toujours facile. Elle a réintégré l'équipe nationale pour préparer les jeux Olympiques de Pékin. Une période couronnée de succès, puisqu'elle devenait la première Chinoise à remporter un tournoi WTA, à Canton en 2004, mais difficile à gérer, d'autant que la fédération encaissait la plupart de ses gains. A la fin des Jeux, elle choisit de prendre son indépendance.
Les résultats ne baissent pas. l'Open d'Australie, où elle a atteint sa première finale du Grand Chelem. A Paris, elle devient d'abord l'une des rares joueuses en activité à avoir atteint les quarts de finale dans chacun des quatre tournois du Grand Chelem. Puis fonce jusqu'à la victoire finale sur une surface qui ne lui est pourtant pas favorable.
Li Na s'affirme définitivement comme la principale ambassadrice de son sport en Chine, où le monde du tennis remercie aujourd'hui son ancien entraîneur de badminton.
